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Film Britannique (vo, octobre 1979, 2h51) de Roman Polanski avec Nastassja Kinski, Peter Firth et Leigh Lawson
Synopsis : Dans l’Angleterre du 19ème siècle, un paysan du Dorset, John Durbeyfield, découvre par hasard qu’il est le dernier descendant d’une grande famille d’aristocrates. Motivé par le profit qu’il pourrait tirer de cette noblesse perdue, Durbeyfield envoie sa fille aînée, Tess, se réclamer de cette parenté chez la riche famille des d’Urberville. Le jeune Alec d’Urberville, charmé par la beauté de sa "délicieuse cousine", accepte de l’employer et met tout en œuvre pour la séduire. Tess finit par céder aux avances d’Alec et, enceinte, retourne chez ses parents où elle donne naissance à un enfant qui meurt peu de temps après.
Fuyant son destin, Tess s’enfuit de son village et trouve un emploi dans une ferme où personne ne connaît son malheur. Elle y rencontre son véritable amour : un fils de pasteur nommé Angel Clare. Ce dernier, croyant que Tess est une jeune paysanne innocente, tombe éperdument amoureux d’elle et, malgré l’abîme social qui les sépare, la demande en mariage
Tess, le film de Roman Polanski, est une adaptation très fidèle du roman de Thomas Hardy « Tess d’Urberville » publié en 1891. La suggestion de cette adaptation lui avait été faite, peu avant son assassinat, par son épouse Sharon Tate qui aimait beaucoup ce roman. Une décennie plus tard, Roman Polanski réalisa ce désir. La dédicace « To Sharon » l’indique sobrement dès le début du générique. L’héroïne principale est magnifiquement interprétée par Nastassja Kinski âgée alors d’à peine 17 ans. Mais tout est sublime dans ce film : la photographie qui transforme la campagne en tableaux de Turner ou de Gainsborough, la musique de Philippe Sarde reflétant l’âme du cinéaste, les décors et les costumes somptueux et la mise en scène de Polanski qui met en valeur l’espace et les personnages et rend parfaitement l’atmosphère de cette tragédie.
Tout est beau mais cela n’atténue en rien la noirceur de l’œuvre, déjà présente dans
e roman de Thomas Hardy. Tess, « une femme pure » pour reprendre les mots du romancier devra affronter le mal représenté ici par la domination masculine et la condition sociale. Rien ne viendra la sauver de son inexorable destinée : ni ses parents cupides, incultes et aliénés par leur condition sociale, ni même Angel qui semblait faire preuve de bonté et d’ouverture d’esprit et se révèle misogyne et intolérant.
Quant à la fin tragique, elle semble faire écho à la dédicace du générique et rappeler le destin funeste de l’épouse disparue.
Ce film est une merveille, peut-être le plus beau dans l’œuvre de Roman Polanski.
fr
Films depuis 2009
Année 2015
Tess
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