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Documentaire français (janvier 2015, 1h46) de Claudine Bories et Patrice Chagnard
Synopsis : Lolita n’aime pas sourire. Kevin ne sait pas se vendre. Hamid n’aime pas les chefs. Thierry parle wesh. Ils ont vingt ans. Ils sont sans diplôme. Ils cherchent du travail. Pendant six mois, les coachs d’un cabinet de placement vont leur enseigner le comportement et le langage qu’il faut avoir aujourd’hui pour décrocher un emploi. A travers cet apprentissage, le film révèle l’absurdité de ces nouvelles règles du jeu.
Lolita n’aime pas sourire. Kevin ne sait pas se vendre. Hamid n’aime pas les chefs. Thierry parle wesh. Ils ont vingt ans. Ils sont sans diplôme. Ils cherchent du travail. Pendant six mois, les coachs d’un cabinet de placement vont leur enseigner le comportement et le langage qu’il faut avoir aujourd’hui pour décrocher un emploi. A travers cet apprentissage, le film révèle l’absurdité de ces nouvelles règles du jeu.
Ce documentaire a été programmé à l’Acid au Festival de Cannes 2014, au Festival International du cinéma documentaire de Leipzig et dans de très nombreux autres festivals internationaux (Montréal, Finlande, Australie, Florence, Sarajevo, Belgrade, Thessalonique...).
La caméra suit pendant huit mois quatre jeunes en stage dans un cabinet privé « Ingeus » qui coache les jeunes demandeurs d’emplois principalement dans les villes de Roubaix et Tourcoing.
Au départ, les deux réalisateurs Claudine Bories et Patrice Chagnard souhaitaient tourner leur documentaire dans une mission locale de Pôle Emploi. Cependant, ils ont été confrontés à un problème majeur, le fait que les jeunes chômeurs n’étaient pas tenus de se rendre aux rendez-vous régulièrement, ce qui était totalement différent chez Ingeus. En effet, la structure privée versait 300 euros par mois, pendant six mois aux jeunes demandeurs d’emplois, mais, en contrepartie, ces derniers devaient suivre scrupuleusement les dates et horaires des entrevues.
Les réalisateurs montrent une réelle empathie à l’égard de leurs jeunes « héros » mais surtout ils mettent en évidence la distance, le gouffre même, qui sépare ces jeunes du monde du travail. Leur manque d’aisance, dans leur tenue, dans leur expression orale semble leur enlever tout espoir. La question de la légitimité de ces règles est posée. Pourquoi, par exemple, demande-t-on à une jeune femme qui veut devenir cuisinière en collectivité de savoir s’exprimer et se tenir comme une petite bourgeoise coincée ? Ne devrait-on pas plutôt tenir compte de ses compétence professionnelles ?
Le film nous montre ces jeunes mais il s’attache aussi aux conseillers de l’agence qui déploient des trésors de patience pour les initier à ce « jeu » auquel « il faut » se prêter avec son lot de mensonges, d’injustices et de résignations. De bien tristes valeurs pour ces jeunes gens.
Le film ne juge pas, mais il rappelle la dureté de la vie par des paysages désolés où apparaissent des usines pas très loin des friches. Le monde se montre ainsi comme un jeu bien difficile pour ceux qui en méconnaissent les règles si rigides, si absurdes, si discriminantes.
fr
Films depuis 2009
Année 2015
Les Règles du jeu
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