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Lettres siciliennes (articles liés 2025)

samedi 11 octobre 2025 par Cramés
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Week-End cinéma italien contemporain 11 et 12 octobre 2025

Présenté et animé par
Jean-Claude Mirabella

Jean-Claude Mirabella, universitaire spécialiste du cinéma italien


samedi à 17h

Film italien (février 2025, 1h50) de Fabio Grassadonia, Antonio Piazza avec Toni Servillo, Elio Germano, Daniela Marra
Titre original Iddu - L’ultimo padrino



Vittoria - article de François Conan (articles liés 2025)

mardi 30 septembre 2025 par Muriel

Après Butterfly (2018) et Californie (2021), le duo Kauffman et Cassigoli pose sa caméra à Torre Annunziata, station balnéaire de la métropole de Naples située au pied du Vésuve, pour tisser le portrait de Jasmine, une coiffeuse hantée par le désir d’adopter une fille. Les cinéastes reprennent ici un personnage secondaire de leur deuxième film.

Présenté à la Mostra de Venise 2024 et produit par Nanni Moretti, Vittoria s’impose comme une œuvre d’une grande délicatesse, filmée comme un documentaire, basée sur des événements réels, où l’intime côtoie l’universel avec une authenticité remarquable.

Marilena Amato, déjà aperçue dans Californie, porte Vittoria avec sa présence magnétique aux côtés de Gennaro Scarica, son mari à l’écran comme à la ville, incarnation de la figure patriarcale dans le film.
Dans un rêve réitéré, Jasmine voit son père tenant la main d’une fillette. Projection d’un manque viscéral pour cette mère de trois grands garçons qui, loin d’être un simple gimmick narratif, irrigue le récit d’une mélancolie diffuse, ancrée dans la réalité sociale d’une ville filmée sans complaisance ni folklore.
Les gros plans fréquents parviennent avec brio à capturer l’émotion de la protagoniste prin-cipale, oscillant entre espoirs et désillusions face à une très lente et complexe procédure d’adoption. Ses silences, ses regards, ses sourires, disent plus que bien des dialogues.

Les réalisateurs, fidèles à leurs racines documentaires, capturent la texture du quotidien, comme les conversations en dialecte, ou le ballet des clientes dans le salon de coiffure, avec une caméra qui sait se faire discrète, presque complice. La mise en scène dépouillée, aux forts accents de néoréalisme mais sans la solennité d’une fresque sociale, est resserrée autour de l’intériorité de Jasmine.



Prima la vita : l’article de Georges Joniaux (articles liés 2025)

jeudi 25 septembre 2025 par Georges.J

Prima la vita (titre original : Il tempo che ci vuole) est une comédie dramatique franco-italienne réalisée par Francesca Comencini et sortie en février 2025.

Nous connaissons Francesca Comencini qui contrairement à son père Luigi Comencini est née avec une cuillère en argent dans la bouche... Devenue réalisatrice à son tour elle a construit une œuvre qui lui est propre, faite de fictions pour l’essentiel, mais elle est aussi une documentariste talentueuse et ses sujets montrent un engagement féministe et social. Pourtant pour elle, tout n’a pas été si facile.

Prima la Vita sort de ses thèmes, autobiographique et intime, il est particulièrement humain et émouvant. Il retrace un moment de la relation de la jeune Francesca avec son père Luigi au moment de son passage à l’âge adulte. Ce film n’est surtout pas un hommage au réalisateur, il n’a pas besoin d’elle, il n’en manque pas, mais plutôt à l’homme et au père. Il montre une relation entre un père et sa fille à un moment particulier de leur histoire commune.

Si Luigi Comencini peut être, à cause de son perfectionnisme, tyranique et parfois blessant dans son métier, dans sa vie privée, il est avant tout « le padre », hyperprotecteur pour ses filles.

Francesca, nous montre donc une parenthèse de vie avec son père. On a l’impression qu’il n’y a qu’elle et lui, qu’elle n’a pas ses trois sœurs. Mais c’était nécessaire parce que le moment qu’elle décrit appartient à son histoire la plus intime. Une histoire qu’elle a longtemps tue, elle a dû attendre d’avoir 63 ans pour oser la dire, pour rendre l’intime public.

C’est parfois difficile d’être une « fille à papa », surtout lorsque papa est à ce moment, un des plus grands réalisateurs italiens, connu dans le monde entier. Parfois le modèle peut être vécu comme une assignation. Le désir de réussir flirte alors avec la tentation d’échouer. Car comment être soi ? Alors, durant cette période pour Francesca peut arriver le moment des plus grands dangers.

C’est aussi pour Luigi celle de mettre à l’épreuve l’homme et le père derrière la personne illustre. Et c’est donc une double épreuve que le film raconte, devenir soi-même pour Francesca, et pour Luigi être le plus simplement et le plus difficilement du monde, un père.

Notons pour les interprétations sensibles et touchantes : Fabrizio Gifuni et Romana Maggiora Vergano.



Berlinguer : article de Marie-Christine Diard (articles liés 2025)

jeudi 25 septembre 2025 par Marie-Christine Diard

Enrico Berlinguer, un homme illustre en Italie de l’après-guerre aux années 1980.
Beaucoup a déjà été dit sur lui mais personne n’a jamais tenté d’incarner au cinéma, par la fiction, ce que cet homme a vécu et l’influence qu’il a eu sur son pays.
De par sa nature, Enrico Berlinguer était un homme réfléchi, silencieux. Il étudiait beaucoup, écrivait énormément, écoutait les autres. Lorsqu’il parlait, c’était avec calme et précision, en regardant son interlocuteur droit dans les yeux. Il utilisait rarement des slogans et ne criait pas, même lorsqu’il se trouvait face à des centaines de milliers de personnes.
Cet homme politique italien est né le 25 mai 1922 à Sassari, en Sardaigne, et mort le 11 juin 1984 à Padoue, en Vénétie, a été le secrétaire général du Parti communiste italien (PCI) de 1972 à sa mort.
Il adhère au PCI et participe à la résistance antifasciste à partir de 1943, ce qui lui vaut d’être emprisonné pendant trois mois. Il est élu au comité central dès 1948 et nommé secrétaire des jeunesses communistes italiennes en 1949.
Il compte parmi les inspirateurs du courant eurocommuniste, qui se distinguait par son indépendance vis-à-vis de l’Union soviétique dès les années 1970.
De 1973, année où il échappa à un attentat des services secrets bulgares, à l’assassinat de son principal allié Aldo Moro en 1978, sans oublier ses voyages à Moscou, ce film raconte l’histoire d’un homme qui a voulu réconcilier le communisme et la démocratie dans l’Italie de la Guerre Froide.et qui a voulu changer le monde, mais qui a échoué.



Familia : article de Marie-Annick Laperle (articles liés 2025)

jeudi 25 septembre 2025 par Marie-Annick Laperle

« Familia », le film du cinéaste Francesco Costabile, est tiré du roman autobiographique de Luigi Celeste « Non sarà sempre cosi » ( « Ce ne sera pas toujours comme ça »). C’est un drame sur l’emprise de la violence conjugale, son engrenage infernal et sa transmission au travers du parcours d’un des deux fils. Tout le monde se souvient de « Jusqu’à la garde » le film de Xavier Legrand ; « Familia » est de la même trempe. C’est un film brutal et bouleversant. Dans « Una femmina », son premier long-métrage, Francesco Costabile parlait déjà de la répétition de la violence, à travers les femmes victimes de mauvais traitements dans les clans de la mafia calabraise. Le grand mérite de son deuxième film est qu’il aborde ce sujet de société débattu régulièrement, mais du point de vue des enfants témoins. Il réalise un film qui est un appel fort à briser les cycles de la maltraitance, un geste militant pour que les autorités gouvernementales se donnent vraiment les moyens de lutter contre les violences intra-familiales.



Lettres siciliennes - article de Françoise Fouillé (articles liés 2025)

mardi 23 septembre 2025 par Françoise

LETTRES SICILIENNES
La mafia n’est plus ce qu’elle était.
Film italien sorti le 16 avril 2025 réalisé par Fabio Grassadonia et Antonio Piazza

Le scénario de Lettres Siciliennes s’appuie sur l’histoire de Matteo Messina Denaro (1962-2023) chef mafieux, soupçonné d’une cinquantaine de meurtres, qui vécut dans la clandestinité de 1993 à 2023.
Le titre original de Lettres Siciliennes est aussi Iddu, mot sicilien qui veut dire « lui » et qui est aussi employé pour se référer à Dieu, « Lui ». En Sicile , Iddu est le volcan. Parmi les nombreux mots pour
désigner Messina Denaro (le mafieux) dans les lettres qu’on lui adressait afin qu’il ne soit pas identifié, il y avait celui de « volcan ».

Après Salvo (2013) et Sicilian Ghost Story (2017), Lettres Siciliennes, est le troisième volet d’une trilogie sur la mafia sicilienne.
Les auteurs se sont librement inspirés de l’histoire de Matteo Messina Denaro, dont la cavale a duré 30 ans !
La corruption régnant à tous les étages dans l’île, les services secrets ont l’idée de soudoyer un homme politique, Palumbo, (qui sort de prison) a perdu tous ses mandats de maire, pour piéger le mafieux, Matteo (Elio Germano) en cavale.
Car Catello Palumbo (formidablement interprété par Toni Servillo) a pour filleul le terrible mafieux Matteo. Une véritable aubaine pour la police, qui demande à Catello d’entamer une correspondance (les lettres) pour le piéger…

Attention car ces lettres doivent être réalistes, il faut soigner le style et flatter le chef mais pas trop !
Il s’agit d’une comédie noire aux accents grotesques, portée par deux comédiens sensationnels.
L’originalité du film tient beaucoup au refus des conventions du thriller classique, avec de nombreuses digressions et un ton teinté d’humour noir .

Réalisme noir, mais aussi comédie avec des dialogues savoureux, des citations de la Bible, de l’Ecclésiaste. La musique du chanteur italien Colapesce et le ton tragi-comique, font des Lettres Siciliennes, une correspondance prenante et originale, à ne pas manquer.
Un film qui détourne avec intelligence les codes du genre du film de mafia, en explorant une zone grise...



Sans rien savoir d’elle article d’Eliane Bideau (articles liés 2025)

lundi 22 septembre 2025 par Eliane

Luigi Comencini occupe une place à part dans le paysage du cinéma italien.
Ce cinéaste prolifique a entretenu un rapport particulier à la réalité. Ses thèmes préférés, l’enfance, l’adolescence, la comédie grinçante sont toujours sous-jacente à la critique de la société italienne.
En 1969, il réalise le film SANS RIEN SAVOIR D’ELLE , film, inédit en France, jusqu’en 2024, où il sort restauré.
La singularité de ce film, tient à ce qu’il commence comme un film policier classique, puis se transforme peu à peu en une histoire d’amour, impossible (socialement et psychologiquement), entre deux êtres que tout oppose.

C’est un des plus beaux portraits de femmes, du cinéma italien de ces années.
L’actrice Paola Pitagora a d’ailleurs obtenu le ruban d’argent de la meilleure actrice pour ce film en 1970.

Plus qu’une curiosité , SAN RIEN SAVOIR D ELLE , est une splendide découverte, un film fascinant, essentiel, pour qui aime le cinéma de Luigi Comencini, et le cinéma tout court.
La musique d’Ennio Morricone accompagne parfaitement l’atmosphère brumeuse et étrange de ce film.
C’est la pièce qui manquait dans le puzzle du grand cinéma italien des années 1960.

Ce pur film noir remarquable est une pépite à voir.



Quelque chose ... (articles liés 2025)

jeudi 15 mai 2025 par Pierre Oudiot

Quelque Chose de Neuf, Quelque chose de Vieux, Quelque Chose d’emprunté
film argentin de. Hernán Rosselli
durée 1:40 date de sortie le 19 mars 2025 Pays Argentine distribution Les Alchimistes
On dit en Argentine que pour réussir un « bon » mariage il faut porter quelque chose de neuf (la robe), quelque chose de vieux (un accessoire vestimentaire d’un parent porté pour son propre mariage…), quelque chose d’emprunté à un·e ami·e, qui sera rendu après la cérémonie… et quelque chose de bleu pour parfaire le porte bonheur.
Le très beau premier film d’Hernán Rosselli est construit sur un modèle composite de fresque temporelle, allusion très directe au Parrain [F.F. Coppola 1972]. C’est une tragédie interprétée par la Miss Maribel et Alejandra sa vraie mère, improvisées actrices dans les deux rôles principaux….



Manas (articles liés 2025)

jeudi 15 mai 2025 par Georges.J

"Marcielle (Tielle), treize ans, vit sur l’île de Marajó, au cœur de la forêt amazonienne avec ses parents, ses frères et sa petite sœur. Elle grandit avec des rêves d’émancipation, inspirée par le départ de sa sœur aînée ; mais, sur les barges le long de la rivière, ses illusions commencent à s’effondrer, révélant un monde d’exploitation et d’abus qui gangrènent sa communauté. Elle est déterminée à se protéger et à accéder à un avenir meilleur…"
Voici un film co-produit par les frères Dardenne et Walter Sales (producteur et réalisateur brésilien (je suis toujours là). Il est réalisé par une grande documentariste Marianna Brennand Fortes, qui fait là son premier long-métrage de fiction. Il se passe dans le centre nord du Brésil, sur l’île de Marajó,



Mexico 86 (articles liés 2025)

jeudi 15 mai 2025 par Georges.J

Mexico 86 est un film réalisé par César Díaz avec Bérénice Bejo, Matheo Labbe. Alors que nous venons de lire dans les journaux ceci : « José « Pepe » Mujica, l’ancien guérillero qui a gouverné l’Uruguay de 2010 à 2015, anticonsumériste au verbe haut et figure de la gauche latino-américaine, est décédé ce mardi 13 mai à l’âge de 89 ans, a annoncé l’actuel président Yamandu Orsi ». Cet homme mieux que quiconque a eu à connaître la dictature militaire Uruguayenne dont Wikipédia nous dit : « La dictature militaire de l’Uruguay commença avec le coup d’État du 27 juin 1973. Après l’échec du plébiscite de 1980, les militaires entamèrent une relative ouverture politique, qui conduit finalement aux premières élections démocratiques en 1984. »