Film français de Costa Gavras avec Yves Montand, Jean-Louis Trintignant , Irène Papas (février 1969, 02h05)
Z, ce film prodigieux de Costa Gavras, sans doute l’un des plus beau de l’année 69, un film engagé que beaucoup de producteurs ne voulaient pas faire pour des raisons pécuniaires...un film pareil, ça ne pouvait pas marcher, trop bavard.
Ils ont été bien punis de leur frilosité avec un box office à 4 millions de spectateurs en France et de 21,5 millions de spectateurs aux USA , ils ont dû y repenser souvent avant de s’endormir.
Cependant, le film ne s’est pas fait tout seul, face aux conservatismes, Costa Gavras qui avait pour ami Yves Montant pouvait espérer que sa simple présence dans le casting aurait fini par emporter la décision ? Il n’en fut rien.
A part la part CNC, rien. « C’est de Jacques Perrin que va venir la solution en devenant un producteur passionné. C’est lui qui a l’idée que le film se tourne en Algérie, où il vient de produire un documentaire. « Pour moi, il y avait l’architecture, les rues, le port, la mer, tout ce que je cherchais. Comme à Salonique, où se passait l’action du film », conclut Costa-Gavras. »
La suite nous la connaissons, Z a été récompensé par le prix du jury à Cannes, l’Oscar du meilleur film étranger, celui du meilleur montage et le prix d’interprétation masculine à Jean-Louis Trintignant.
Z s’inspire d’un roman éponyme de Vassílis Vassilikós publie en 1966 retraçant l’assassinat du député grec Grigóris Lambrákis en 1963 et l’enquête menée par le juge d’instruction Chrístos Sartzetákis. Et c’est avec Jorge Semprun que Mikis en écrira le scénario, réinventant rythme et suspens.
Quand on repense à Z, la musique simultanément nous revient à l’esprit, elle a été écrite par Mikis Théodorakis, le plus grand folkloriste grec, le plus connu, le plus aimé du peuple Grec, mais à cette époque, il était le plus inapprochable car gardé en résidence surveillée par des policiers. Il ne pouvait donc pas écrire pour le film. Costa Gavras dit : « c’était le seul musicien du monde dont pas les paroles mais la musique uniquement soit interdite ». Costa Gavras a fait le choix d’adapter des morceaux de son œuvre antérieure. Il ne découvrira le film et sa musique qu’une fois libéré et exilé en France.
On se souvient aussi du formidable casting, bien sûr Yves Montant dans le rôle de Z, « le député progressiste assassiné dans un pays méditerranéen » dit pudiquement le synopsis, Irène Papas est la seule femme et l’épouse du député, Trintignant en Juge implacable, Jacques Denner toujours fébrile, Jacques Perrin en photojournaliste sagace, (je me souviens qu’à un moment il avait un Leica et shootait en salve), on ne va pas tous les citer, mais tout de même, dans les rôles secondaires Pierre Dux en colonel offensé, et Bozzufi dans Vago, vous vous souvenez, l’homme qui disait : « L’assassin était souple et féroce comme un tigre ». Ces acteurs plus coordonnés que dirigés, n’en font jamais trop, chacun se sent investi de son rôle à la juste mesure, comme s’il avait pour mission de reconstituer l’authenticité de l’histoire.
Contrairement aux objections de malheur des producteurs pusillanimes, dès les premières minutes, Z nous prend à la gorge. Il y a une tension sans relâche jusqu’à la dernière image. Dans le film, s’opposent des barbouzes, des militaires menteurs et corrompus, des hommes politiques peu recommandables et des opposants pacifistes pour certains, pas toujours blancs-bleus, mais combatifs résolus. Et puis il y a le rôle dévolu à Trintignant, celui du juge impartial...Et on imagine que puisque ces personnages existent dans la vraie vie, les ennemis de la démocratie ont de bonnes raisons de chercher à les affaiblir autant qu’ils le peuvent.
On peut voir ce film pour son hymne à la démocratie, partout mise à mal, hier comme aujourd’hui. Comme une note d’espoir aussi...Pour la beauté du jeu de ses acteurs, tous remarquables...pour son montage saisissant...pour se rappeler de cette époque optimiste où il nous semblait bêtement que la liberté guidait nos pas et que l’avenir serait radieux. Mais surtout, on peut voir Z parce que c’est aujourd’hui comme hier une œuvre cinématographique forte, inoubliable.
| Jean-Louis Trintignant : le juge d’instruction | Yves Montand : le député | |
| Irène Papas : Hélène, son épouse | Charles Denner : Manuel, avocat | |
| Bernard Fresson : Matt, avocat | Jean Bouise : Georges Pirou, ami du député | |
| Jacques Perrin : le journaliste | Pierre Dux : le général | |
| François Périer : le procureur | Julien Guiomar : le colonel | |
| Marcel Bozzuffi : Vago | Renato Salvatori : Yago | |
| Georges Géret : Nick | Magali Noël : la sœur de Nick |
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