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Soirée-débat mardi 16 novembre à 20h00
Film tchadien (1h32, septembre 2010) de Mahamat Saleh Haroun
avec Youssouf Djaoro, Diouc Koma, Emile Abossolo M’Bo
Synopsis : Le Tchad de nos jours. Adam, la soixantaine, ancien champion de natation est maître nageur de la piscine d’un hôtel de luxe à N’Djamena. Lors du rachat de l’hôtel par des repreneurs chinois, il doit laisser la place à son fils Abdel. Il vit très mal cette situation qu’il considère comme une déchéance sociale.
Le pays est en proie à la guerre civile et les rebelles armés menacent le pouvoir. Le gouvernement, en réaction, fait appel à la population pour un "effort de guerre" exigeant d’eux argent ou enfant en âge de combattre les assaillants. Adam est ainsi harcelé par son Chef de Quartier pour sa contribution. Mais Adam n’a pas d’argent, il n’a que son fils...
Un homme qui crie est un film tchadien de Mahamat-Saleh Haroun (durée 1h32).
Ce réalisateur a obtenu, pour ce film, le Prix du Jury à Cannes en mai 2010.
Pour la première fois de son histoire, le Tchad était représenté en compétition à Cannes et aucun film d’Afrique Sub-saharienne n’avait été sélectionné depuis 1997.
L’histoire se passe au Tchad, de nos jours. Adam, ancien champion de natation est maître nageur de la piscine d’un hôtel de luxe à N’Djamena. Il se fait aider par son fils Abdel. L’hôtel est privatisé et les repreneurs décident une compression de personnel. Abdel sera préféré à Adam qui subit alors une insupportable blessure narcissique.
Ce drame intime est vécu dans un pays en proie à la guerre et les forces de la rébellion arrivent aux portes de la ville. Le chef de quartier harcèle Adam pour qu’il participe à « l’effort de guerre » : il faut donner de l’argent ou envoyer un enfant à la guerre. Quelle va être la décision d’Adam ?
Un homme qui crie est le quatrième film de M.S. Haroun (Bye Bye Africa en 1999, Abouna en 2002 et Darrat, saison sèche en 2006). Deux thèmes interviennent de façon récurrente dans ses films. Le premier est la guerre car elle dure depuis 4 décennies et qu’elle a fait de lui un exilé. Cette guerre est montrée en arrière plan, sous forme des bruits d’avions, des tirs au loin.
Le deuxième thème exploré est celui des relations père-fils (comme dans ses films précédents, le père absent dans Abouna, le père que l’on veut venger dans Daratt, saison sèche). Pour lui, la filiation est essentielle car elle permet la transmission de la mémoire. La perte de cette valeur est, pour M.S. Haroun, un des drames de l’Afrique où les pères et les fils se font la guerre.
Au festival de Cannes, ce film aurait pu avoir d’autres prix, en particulier celui de la mise en scène (le cadrage, le style visuel, la composition stylistique des images) et le prix d’interprétation masculine pour Youssouf Djaoro dont le jeu très sobre fait écho à l’univers épuré du cinéaste.
Le titre du film est extrait d’un vers du Martiniquais Aimé Césaire dans son œuvre Cahier d’un retour au pays natal : Un homme qui crie n’est pas un ours qui danse.
La Croix (Jean-Claude RASPIENGEAS)
De longs plans séquences soulignent la lenteur du temps et des plans plus rapprochés sur les personnages, leurs joies et leurs peines, tissent dans ce film poignant la trame d’une tragédie simple et cruelle.
Télérama (Aurélien Ferenczi)
Le sujet de cette fable emprunte au néoréalisme - le cas de conscience d’un opprimé poussé à bout - comme au cinéma muet - le déclassement du héros rappelle Le Dernier des hommes, l’un des chefs-d’oeuvre de Murnau.
Ciné Club de Caen (Jean-Luc Lacuve)
Un homme qui crie impressionne dès l’abord par la splendeur formelle de son format scope et le chatoiement de ses couleurs : bleu profond de la piscine, noir de la nuit dans laquelle Adam fait ses exercices d’abdominaux ou se baigne, transi de froid dans le fleuve, fonds ocre d’un mur, bleu d’une cabane sur lesquels se détachent les personnages.
Lire l’article complet (qui dévoile l’intrigue) sur le site du Ciné Club de Caen
Avec "Un homme qui crie", film tchadien de Mahamet Saleh Saroun - prix spécial du jury de Cannes 2010 - nous avons vécu un pur moment de cinéma, d’une grande force et d’une parfaite sobriété. Les couleurs - le bleu de la piscine, l’ocre des murs, le noir de la nuit, source de tous les dangers dans ce Tchad livré à la guerre civile, le miroitement laiteux de cette eau lustrale de la rivière emportant le cadavre du fils, Abdel, mort au combat, livré par son père au chef de quartier au titre de "l’effort de guerre" - tout dans ce film crée une atmosphère de tragédie glacée, sans larme ni pathétique, de déchirement intériorisé, ou plutôt de trahison, de sacrifice au travail, à la politique, de sa famille, de ses proches.
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Films depuis 2009
Année 2010
Un homme qui crie
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