Et le cinéma ?
J’ai répertorié déjà 5 films sur Mandrin. Le premier en 1924. Plus près de nous en 1962 "Mandrin met le feu aux poudres" de J.Paul Le Chanois avec George Rivière, Sylvia Montfort, George Wilson et, en 1972, une série télévisée "Mandrin, bandit d’honneur".
Le film : Les Chants de Mandrin.
1h37 sorti le 25 janvier 2012. Prix Jean Vigo 2011, 15 nominations dans divers festivals.
Film de Rabah Ameur Zaïmeche, acteur, scénariste, réalisateur, producteur. Né en 1966 en Algérie, arrive en France à 2 ans, cité des Bosquets à Montfermeil où il grandit.
Il fonde sa maison de production Sarrazink Productions en 1999 et entouré de proches fidèles, parents et amis écrit et réalise son premier film :
– "Wesh wesh, qu’est-ce qui se passe ?" 2002 Histoire de Kamel qui après avoir purgé une double peine de prison revient clandestinement en France et recherche un emploi. Prix Louis Delluc du meilleur premier film.
Viennent ensuite :
– "Bled number one" 2006 Kamel lors de son exil forcé est confronté à une société qu’il connait mal.
– "Dernier maquis 2008" Sujet délicat sur la pratique de l’islam dans l’entreprise.
Alors pourquoi Mandrin ?
"Mon envie de faire un film sur Mandrin remonte à ma découverte, quand j’étais gamin, du feuilleton télé sur ce personnage de contrebandier"
"J’ai découvert Mandrin à l’école primaire à Montfermeil à 9 ans, par la Complainte que nous a apprise notre instituteur, un vieux monsieur à lunettes qui portait encore la blouse. Il fallait la savoir par cœur comme nous apprenions les Fables de La Fontaine. Moi qui venais d’Algérie, je crois que c’est la première fois où, découvrant ce type qui se dresse contre les exploiteurs, j’ai eu envie d’être français. Et d’ailleurs, quand on a tourné en Aveyron, on a retrouvé ce côté farouche, rebelle et accueillant, qui correspond à une certaine identité française, sa meilleure part du moins."
Le tournage
Après 8 mois d’un long travail de documentation l’écriture du scénario s’est faite en 3 semaines et le tournage a été réalisé en quelques semaines dans l’Aveyron et l’Hérault (Larzac, Salagou) Toujours limité en moyens financiers RAZ est resté fidèle à ses principes, je cite : « Pour filmer cette histoire, on se devait d’être fidèle à l’esprit fraternel de Mandrin et de sa bande. Or, cela correspond à ma manière de faire du cinéma : on fonctionne comme une troupe où tout le monde met la main à la pâte. Le plateau n’est pas divisé entre technique et artistes. On est tous dans la même énergie de recherche. Et je m’appuie sur trois piliers pour obtenir ce que je souhaite : patience, persévérance et ruse. Du coup quand un imprévu surgit, ce n’est jamais une catastrophe mais une chance. »
Les acteurs sont donc des proches qui ont pour la plupart joué dans ses films précédents à l’exception de Jacques Nolot, proche de Téchiné, acteur et réalisateur qui a joué dans plus de 50 films à la fois déstabilisé et excité par cette direction minimale des acteurs.
Résumé du film : Après l’exécution de Louis Mandrin, célèbre hors-la-loi et héros populaire du milieu du XVIIIème siècle, ses compagnons risquent l’aventure d’une nouvelle campagne de contrebande dans les provinces de France. Sous la protection de leurs armes, les contrebandiers organisent aux abords des villages des marchés sauvages où ils vendent tabac, étoffes et produits précieux. Ils écrivent des chants en l’honneur de Mandrin, les impriment et les distribuent aux paysans du royaume...
Pourquoi le film ?
« Ce film s’inscrit dans la lignée de mes précédents films. Notre ambition est de construire une œuvre sur le thème de la liberté de l’individu et le combat qu’il exige de chacun pour l’atteindre. »
RAZ n’est pas là pour vérifier l’authenticité des faits, (les anachronismes ne le gênent pas), ni pour faire une reconstitution historique avec des mouvements héroïques. Il réveille une légende d’hier ; en filmant la contrebande, la redistribution des richesses, en établissant des correspondances entre les injustices passées et celles d’aujourd’hui il fait de son film une œuvre politique.
Ce film a été très diversement reçu par la critique et les spectateurs, à vous de vous faire votre opinion.