Nous vous présentons, ce soir, « Happy Happy » d’Anne Sewitsky, réalisatrice norvégienne. C’est le premier film de cette jeune femme et il s’agit d’une comédie. Ce film a reçu le Prix du Jury au Festival de Sundance et une Mention spéciale du Jury au festival de Cabourg. Il a été sélectionné pour représenter la Norvège aux Oscars.
Le cinéma norvégien
On a peu souvent l’occasion de voir des films norvégiens. Nous avions tout de même programmé « Nord » l’année dernière, sorte de road movie dans les neiges d’un père à la recherche de son fils.
Ce cinéma peu connu en France est pourtant dynamique puisque le cinéma norvégien compte aujourd’hui une quarantaine de films réalisés chaque année. Ce nouvel âge débute en 2001. Ces nouveaux réalisateurs modifient
profondément les règles du cinéma traditionnel norvégien longtemps cantonné au pamphlet politique. Souvent formés à l’étranger ils sont très influencés par des cinéastes tels que Angelopoulos, Truffaut ou Godart.
Le cinéma scandinave a beaucoup interrogé le thème du couple et, même si « Happy Happy » est une comédie, on ne peut manquer de trouver à certains des allures bergmaniennes, à mon avis.
Je pense notamment au personnage d’Elisabeth.
Anne SEWITSKY
Née en 1978 (33ans) à Oslo, mais a grandi dans une petite ville à 200km au sud de la capitale. Sa mère est norvégienne et son père américain et ils sont tous les 2 professeurs de musique. Elle a étudié le cinéma à la très difficile Ecole Norvégienne de Cinéma à Lillehammer.
Pour ce film, elle a collaboré avec une amie, Ragnhild Tronvoll, scénariste sortie de la même école de cinéma, mais 2 ans auparavant. A partir d’un synopsis qui tenait en 4 lignes, elles ont travaillé en s’inspirant de la vie d’amis et de connaissances. Au bout de plusieurs semaines, elles avaient une matière énorme qu’il a fallu réorganiser.
Agnes Kittelsen
Actrice norvégienne née en 1980 (31 ans), diplômée de l’Académie Nationale du Théâtre Norvégien en 2003. A surtout eu des rôles au théâtre.
Pour le rôle de Kaïa, la réalisatrice dit avoir auditionné à peu près toutes les actrices norvégiennes ayant l’âge requis. Agnes Kittelsen est arrivé très tard et pour le rôle d’Elisabeth (qui sera finalement tenu par une actrice danoise, Maibritt Staerens.
L’équipe du film
Assez féminine : la réalisatrice est une femme, le chef opérateur est une femme, la scénariste est une femme. Mais le monteur est un homme ainsi que le musicien
Le film
Le film se passe en hiver, dans le Nord de la Norvège. C’est un film ancré dans un univers nordique avec la présence constante de la neige.
L’histoire est un huis clos entre 6 personnages, 2 couples ayant chacun un enfant. Mais le personnage central est Kaïa, une jeune femme qui vient du Sud du pays, là où vit la Communauté des Happy Christians, les « follement heureux ». Kaïa, (Agnes Kittelsen)
appartient à cette communauté. Kaïa donc, s’émerveille de tout et affiche en permanence un grand et fort beau sourire. Kaïa et son mari vivent heureux avec leur petit garçon, charmante petite tête blonde.
Mais un jour, un couple dans les mêmes âges, vient habiter la maison voisine. Tout, évidemment, plaît à Kaïa, la beauté de sa voisine, le charme de son voisin et la jolie couleur de leur enfant adopté en Ethiopie. Les deux familles vont se rapprocher et, de rencontres en rencontres, de jeux en jeux, des vérités vont apparaître.
Ce film reste toujours une comédie qui fait beaucoup sourire par la légèreté de sa mise en scène.
La musique
Toute l’histoire est ponctuée par l’intervention d’un quatuor vocal de choristes américains chantant a capella, qui s’intègre parfaitement au récit. Les héros du film participent aussi à une chorale qui donnera lieu à un très joli moment musical.
L’idée de ce chœur lui est venue des ensembles vocaux américains chantant des negro-spirituals, idée qui évoque un des thèmes du film.
Pour terminer, je pense que ce premier film d’Anne Sewitsky donne un agréable aperçu de l’humour norvégien.
Bonne séance.