Jarmush renouvelle le genre du film de vampire, ses personnages sont pacifiques, ils ne tuent personne (ils vivent depuis des siècles et se sont mariés trois foi ) il n’y a aucune référence au classique film de vampire : pas de chapelet d’ail, de crucifix, ou de morts assoiffés et prêts à sucer le sang des simples mortels.
Jarmusch déconstruit le classique film de vampire en montrant des vampires qui enfilent des gants de cuir pour sortir la nuit et sirotent le sang dans des verres à absinthe (outre l’esprit critique et poétique que porte le réalisateur sur le monde, il y a beaucoup d’humour dans ce film).
Grande innovation, Jarmusch prend le contrepied des films classiques, en inversant les rôles.
D’habitude, le vampire est vu du point de vue d’un personnage humain, ici c’est le point de vue des vampires sur les humains appelés zombies. Les humains sont vus sous un jour critique, ils survivent dans un monde déliquescent, sur une planète moribonde (petit rappel, le film a été tourné en 2012).
Le réalisateur, poète américain nous montre un couple amoureux, romantique, cultivé, amateur de musique.
La B.O du film est primordiale, passant du rockabilly au rock expérimental à la world music (musique très soignée qui fut récompensée à Cannes par le prix du jury Soundtrack).
Insistons sur la merveilleuse prestation cinématographique de Tilda Swinton, saluée par l’ensemble de la critique, dont il s’agit de la troisième collaboration avec Jim Jarmusch.
En résumé, un film très créatif, original, qui célèbre l’Art, et l’Amour qui triomphent de l’éternité et de la mort.