Ainsi dans Stranger than Paradise, John Lurie, en plus d’en composer la musique, y joue Willie l’un des trois personnages. La chanteuse Eszter Bálint tient le rôle d’Eva aux côtés de Richard Edson, ex-batteur de Sonic Youth, qui fait ses débuts au cinéma dans le rôle d’Eddie.
Ancien chanteur et aux claviers du groupe underground The Del-Byzanteens dans les années 80 avant de jouer avec "Bad Rabbit" et depuis 2010 membre du groupe de rock SQÜRL, Jim Jarmusch accorde à la musique une place essentielle dans sa vie.
En 1999, il confiait au journal L’Hebdo : Le cinéma est plus proche de la musique que beaucoup d’autres formes d’art. C’est un flux, un rythme. Mais avant tout, j’aime la musique. C’est peut-être la manière la plus magnifique d’exprimer des sentiments. Je ne sais pas à quoi ressemblerait le monde s’il n’y avait pas la musique. En tout cas, je n’aimerais pas y vivre.
Le cinéaste new-yorkais aime réunir, dans des intérieurs souvent confinés ou des extérieurs peu hospitaliers, des personnages venant de différents horizons pour les livrer à des situations banales et pourtant insolites où l’ordinaire et l’étrange se côtoient, se confondent et s’annulent dans un jeu incessant d’oppositions et superpositions, de symétries et de répétitions
Dans Stranger than Paradise, en trois actes The New World , One Year Later et Paradise, c’est le côté déglingué et grunge des Etats-Unis et la problématique de l’exil avec ses frontières et obstacles que le duo Jarmusch et Lurie explore.
Un road movie lent au charme prenant qui laisse apparaître les fondations de son univers et de sa philosophie qu’il définit comme suit : “Difficile de se perdre quand on ne sait pas où on va.”