LES CRAMÉS DE LA BOBINE

L’avis des Cramés de la Bobine au sujet de Mother

lundi 15 mars 2010

Les Cramés de la Bobine proposent cette semaine à l’AlTiCiné de Montargis « Mother », film sud-coréen de Bong Joon-Ho, présenté au Festival de Cannes 2009 dans la sélection Un certain regard.

Après Memories of murders (2003), film narrant l’histoire d’un tueur en série, et The host (2006), film d’épouvante sur un monstre terrorisant une ville mais aussi film à visée politique et écologique, Bong Joon-Ho nous propose cette fois un film plus intimiste sur le combat d’une mère prête à tout pour sauver son fils unique d’une justice aveugle et corrompue. En effet, ce dernier, jeune homme de 28 ans un peu asocial, est accusé du meurtre d’une jeune fille.

A priori d’un genre différent des autres films de Bong Joon-Ho, Mother a des points communs, sur le fond et sur la forme, avec ses autres films. Sur le fond , Mother relate les thèmes de prédilection de son auteur : thème des laissés-pour-compte, exploration de la cellule familiale et brutalité de la société. Bong Joon-Ho nous montre ici particulièrement la défaillance de la police et de la justice d’une société, qui abandonne de fait les marginaux qui n’ont plus comme soutien et secours que le lien familial.

Sur la forme, il est difficile de définir exactement le genre de Mother. Mais c’est justement un point commun avec ses autres films car Bong Joon-Ho aime allier différents styles. Ainsi, sur un postulat de mélo, il entraîne ici le spectateur sur les traces du thriller et de l’angoisse tout en lui faisant vivre de temps en temps des scènes d’humour noir. La mise en scène, discrète et efficace, protéiforme selon les genres abordés par le réalisateur, est entièrement au service de cette liberté de tons recherchée par le réalisateur. Par ailleurs, le sens du suspense et le goût de l’esthétisme de Bong Joon-Ho font que le spectateur est entraîné avec fascination à la suite de cette mère seule contre tous.

Le cinéma épris de liberté formelle de Bong Joon-Ho, réalisateur désormais confirmé, atteste comme celui d’autres de ses congénères (notamment Park Chan Wook, réalisateur d’Old boy et de Thirst, ceci est mon sang) la jeunesse et le renouveau du cinéma coréen.


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