2014- Noor le premier, nous emmène au Pakistan
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c’est l’histoire d’un ancien khusra, c’est-à-dire un eunuque travesti. (qui vivent du métier de danseuses lors des fêtes, on peut en apercevoir sur Youtube) Noor ne voudrait reprendre une vie normale au Pakistan, à commencer par rencontrer une femme et l’épouser. Il veut recouvrir sa position sociale, se ranger, se marier : l’idée même de l’homosexualité ne l’effleure visiblement pas. Un film 4 fois nominé et sélectionné à l’ACID à Cannes, il a ensuite reçu plusieurs Grands Prix (« Chéries-Chéris », Paris, Festival de Dieppe, Festival asiatique de New-York, Festival de Bogota, Colombie) et des Mentions spéciales du Jury à Rome et Milan.
2015-Ningen (l’humain) est le deuxième, il nous conduit au Japon
M. Yoshino, chef d’entreprise japonais, qui voit son état psychologique défaillir le jour où sa société périclite et laisse sur le carreau une centaine d’employés. Un burn-out japonais entre documentaire et fiction. Un film qui s’inspire de contes et légendes japonais.
2019- Sibel nous conduit en Turquie
dans le village de Kusköy - qui signifie village des oiseaux, dans les montagnes de la mer noire, elle a 25 ans, vit avec son père et sa sœur dans un village isolé en Turquie. Sibel est muette mais communique grâce à la langue sifflée ancestrale de la région. Ce dernier film a reçu les plus beaux prix à Locarno, le Léopard d’or, le prix spécial du jury, meilleure interprétation féminine.
Nous l’avons vu en Avril 2019
Toutes leurs fictions ont 3 points en commun :
1) Ils sont construits sur une réalité documentaire, dans laquelle les réalisateurs insufflent une fiction. Au terme « docufictions », ils préfèrent « fictions sincères ». Toujours est-il que conte et documentaire se chevauchent.
2) Selon les réalisateurs, les 3 films ont un rapport avec le Go-En (une notion japonaise caractérisant la rencontre fortuite. « Elle est à la base de notre cinéma, au centre duquel des personnages se croisent alors que rien ne les y prédestinait. »
3) Les 3 films décrivent un cheminement progressif de personnes marginales vers une identité nouvelle.
Dans le langage qui est le leur, celui d’un cinéma et d’une esthétique qu’ils ont appris et inventé ensemble, Çagla et Guillaume montrent leur plaisir de vivre, d’imaginer et de travailler ensemble, de réaliser à deux une œuvre singulière qui consiste à faire voir, ressentir, aimer les cultures des peuples et en même temps, de montrer la nécessité d’en sortir et de s’ouvrir à la diversité du monde, d’éprouver sa singularité et sa liberté.
