Lazzaro, un doux et candide garçon
Le renouveau du cinéma italien ne concerne plus seulement les publics avertis, tel celui de Montargis, le Festival de Cannes a lui aussi été conquis, après Dogman nous projetons « Heureux comme Lazzaro » d’Alice Rohrwacher. C’est une réalisatrice italienne comme son nom ne l’indique pas. Les femmes réalisatrices sont encore rares dans le cinéma Italien. Alice Rohrwacher déclare « Ma sœur et moi avons été marquées à vie par le passage d’un cirque près de chez nous, quand nous étions enfants. Alba voulait devenir acrobate, moi clown. »
Sa sœur c’est Alba qui est actrice dans ce film. Quant au cirque dont elles partagent l’imaginaire, c’est prodige et merveilles. Son cinéma, c’est exactement ça.
Avec Heureux comme Lazzaro, nous allons voir un film beau, poétique, sensible, avec un cadrage somptueux tourné avec des caméras à pellicule ! Imaginons, un paysage à l’italienne, hors du temps, nous sommes dans une propriété dirigée d’une main de fer par la marquise Alfonsina de Luna. Une propriété coupée du monde par une inondation, une plantation de tabac, de pauvres paysans et parmi eux, Lazzaro, un doux et candide garçon. Il travaille comme un serf, une bête de somme.
Mais, comme Saint Lazare, Lazzaro a deux vies. Par une magie singulière, celle du cinéma, il se retrouve sans transition à l’époque moderne. Celle qui a suivi l’exode rural…Ce film peut être vu comme une fable poétique sur la captivité, comme une histoire des pauvres à travers les temps… N’importe. C’est un film tout à fait original et beau, un film qui compte.
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Année 2018
Heureux comme Lazzaro
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