Le pire c’est l’attente du pire
Cléo de 5 à 7, c’est deux heures de la vie d’une femme interprétée par Corinne Marchand. Deux heures qui précèdent l’heure d’un rendez-vous médical qui confirmera peut-être un diagnostic angoissant. Je ne résiste pas à l’envie d’ écrire cette citation de Daniel Pennac , trouvée sur le net à ce sujet : « Le pire dans le pire, c’est l’attente du pire »
La caméra suit deux heures durant, cette femme qui erre au hasard des rues parisiennes et des palpitations de son cœur. Agnès Varda dont c’est le deuxième long métrage en 1961, filme un compte à rebours marqué par les impératifs du temps et de la géographie. Or, cette pression ajoutée à la possibilité du pire libèrent le personnage. Cléo, la jolie chanteuse égocentrique du début, va peu à peu se transformer en sujet qui regarde et écoute. L’un des talents de la réalisatrice est aussi de parvenir à nous faire ressentir les différentes perceptions du temps. Filant d’abord très vite, il se dilate peu à peu à mesure que l’héroïne prend le temps d’attendre et même de s’autoriser la promesse d’un amour qui se présente sous le visage d’un soldat de la guerre d’Algérie.
De Cannes 1962 à Cannes 2012 où le film a été projeté en version restaurée, Cléo de 5 à 7 reste un petit bijou qui suscite toujours l’admiration. Madonna elle-même voulut en faire un remake dans les années 1980 et le Norvégien Joachim Trier s’en est largement inspiré, pour réaliser en 2010 son très beau film Oslo, 31 août
Un film toujours à la mode, à voir et à revoir sans modération.
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Films depuis 2009
Année 2018
Cléo de 5 à 7
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