L’ apparence du bonheur, c’est aussi le bonheur
« Le Bonheur » est le troisième film d’Agnès Varda, son premier film en couleur. Il est sorti en 1965, après « La Pointe Courte » et « Cléo de cinq à sept ».
L’histoire
Un jeune et beau menuisier François (Jean-Claude Drouot), entouré de sa femme Thérèse (Claire Drouot) qu’il adore et de ses deux enfants mène une vie heureuse à Fontenay-aux Roses. Un jour François fait la connaissance d’une jeune employée des Postes Émilie (Marie-France Boyer), et ils commencent une liaison amoureuse. Pendant un temps, François profite d’un bonheur double auprès des deux jeunes
femmes. Mais un jour, dans un parc, François avoue à sa femme qu’il la trompe et, pendant qu’il dort près de ses enfants, elle se noie dans un étang. Emilie prend rapidement la place de Thérèse et la famille retourne à son bonheur routinier.
Le film débute par la peinture ensoleillée d’un dimanche à la campagne
. Les couleurs éclatantes des fleurs que l’on rassemble en bouquet, les pêcheurs sur les bords de la Seine, le sourire des enfants, les corps enlacés des amoureux composent cette carte postale du bonheur. Agnès Varda porte un soin pointilleux et plein d’allégresse à la fabriquer. Ce bonheur simple, éclairé par une palette de couleurs impressionnistes rappellent celles de Renoir, père et fils. (Référence explicite au « Déjeuner sur l’herbe » de Jean Renoir),
La couleur
C’est le premier film en couleur d’Agnès Varda et, à cette occasion, elle s’exprime ainsi :
« C’était essentiellement une recherche de palette, au sens où j’ai cherché des combinaisons : jaune, vert, violet ou rouge, rose, orange et bleu. J’ai essayé, avec un sujet que j’ai pris très simple, de faire de l’impressionnisme ; il représente pour moi sur le plan des intentions un goût que j’avais pour les beatnicks »
La musique
« Le bonheur » est irrigué par la musique de Mozart. Agnès Varda aime à dire « Qui parle de bonheur a toujours les yeux tristes », reprenant le poème de Louis Aragon. Elle pense que cette musique « traverse le malheur, le drame et, atteignant un point sublime, elle exprime le bonheur, ». Cette musique va accompagner François car la réalisatrice aime « cette musique heureuse, sa légèreté qui brise le cœur ».
La musique survient quand les images qui montrent comment François conçoit le bonheur apparaissent. (Par exemple quand Thérèse s’exclame devant un beau paysage : « La campagne, c’est magnifique »).
Les passages de Mozart sont extraits de La Fugue en Ut mineur, de l’Adagio en Si bémol pour bois et de l’Allegro du Quintette pour clarinette en La majeur.
La Fugue est utilisée à diverses reprises : lors du deuxième pique-nique, pendant le travail de la femme au foyer, puis à la fin du film mais jouée cette fois par un petit orchestre à corde au lieu du quintette pour bois accompagnant ainsi la substitution d’une femme par une autre.
Le travail masculin lui s’accompagne de musiques diégétiques, des chansons pops diffusées par la radio.
Les interprètes
Agnès Varda a choisi Jean-Claude Drouot pour le rôle de François. C’est un acteur de théâtre très célèbre à l’époque pour son rôle dans le feuilleton télévisé « Thierry La Fronde ».
Dans Le Bonheur », il partage l’affiche avec sa femme Claire Drouot et ses enfants Olivier et Sandrine.
Ainsi donc, Jean-Claude Drouot trompe fictivement sa femme Claire avec la jeune employée des Postes interprétée par Marie-France Boyer.
Danièle
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Année 2018
Le Bonheur
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