Ici, Asghar Farhadi travaille pour la troisième fois avec la jeune actrice Taraneh Alidousti qu’il avait déjà dirigée sur Beautiful city et La Fête du feu. Paradoxalement, c’est elle qui apparaît le moins, puisqu’elle interprète Elly, qui disparaît au début de l’intrigue. Le personnage éponyme est entouré de mystère, même pour Farhadi : « Elly reste pour moi une énigme. J’en suis heureux comme réalisateur même si, comme spectateur, je suis frustré. Dès
l’amorce du scénario, je voulais que le personnage autour duquel gravite le suspense soit une femme - parce qu’à mon sens la part d’ombre, de mystère, des femmes est plus intense que celle des hommes. » Comment l’idée de son film est-elle venue au cinéaste ? « Le point de départ de mon
long métrage est l’image d’un homme seul, au crépuscule, les vêtements mouillés, qui attend au bord de la mer que l’on sorte le cadavre d’une femme. Au fur et à mesure de l’écriture, des thématiques ont surgi : le mensonge, le jugement et la relativité de la morale. »
Ce « drame, qui commence comme une comédie » (Le Journal du dimanche), « construit comme un thriller psychologique, où monte la tension dans un huis clos balayé par une mer déchaînée » (Le Figaroscope), jette un regard inattendu sur l’Iran actuel et met à mal les clichés sur la femme iranienne. « A l’étranger, on se fait encore l’idée d’Iraniennes passant leur temps à cuisiner, à s’occuper des enfants. La réalité est tout autre : elles sont instigatrices de beaucoup de choses (…) Leur oppression les a fatiguées : elles revendiquent aujourd’hui leurs droits et leur place. »