LES CRAMÉS DE LA BOBINE

Débats :Adieu Gary 2

jeudi 29 octobre 2009 par Claude

Sur le problème de la religion qui se substitue aux luttes sociales comme ciment communautaire - les immigrés de cette petite ville ne sont pas des intégristes ! - souligne un spectateur, Nassim Amaouche s’explique en ces termes : "dans certains quartiers populaires, on est plus sensibles à la religion qu’à Karl Marx. Je ne crois pas que la croyance religieuse aide à mieux vivre ensemble et pourtant je deviens plus optimiste lorsque je rencontre des gens qui croient en quelque chose plutôt qu’en rien du tout. La transformation de ce local en mosquée exprime à la fois une certaine tristesse (voire une certaine peur) et un réconfort possible face à un changement, des mutations, de l’énergie, de la vie qui s’affirment."

Enfin, le cinéaste justifie de façon émouvante son choix esthétique, cette morale de l’art qui refuse le réalisme froid ou cru et le misérabilisme au profit de la poésie et de la fantaisie - marques et masques de la simplicité et de la dignité ouvrières. "Je voulais faire un film en prise directe avec la réalité sociale (...) ne pas aller forcément vers le naturalisme parce que mes personnages sont issus du monde ouvrier. Je comprends les réticences morales de certains réalisateurs qui ne veulent pas esthétiser la misère : mais pourquoi s’interdire de rendre beaux ceux qui y vivent ? Les prolos aussi ont droit aux projecteurs, aux travellings. La morale est pour moi la recherche d’une certaine vérité et la vérité n’est pas forcément la vraisemblance. La tendresse n’est pas un gros mot à mes yeux !!"

Claude


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