Des femmes engagées dans la lutte pour l’indépendance de l’Algérie
Film algérien de Nassima Guessoum (1h16) qui sortira le 27 avril. C’est donc une avant-première.
Ce documentaire a déjà parcouru le monde dans de très nombreux festivals où il a d’ailleurs obtenu des prix par exemple le Grand Prix aux Journées Cinématographiques d’Alger en 2014.
La réalisatrice : Nassima Guessoum
Nassima Guessoum est née à Paris et possède la double nationalité, française et algérienne.
Elle est titulaire d’une Maîtrise d’histoire à la Sorbonne Paris IV et d’un master II Cinéma documentaire à Paris VII.
« 10 949 femmes » est son premier documentaire long-métrage. Elle a auparavant réalisé un premier CM de 12 mn « Naïm », le portrait d’un jeune travesti algérien. Son deuxième CM « Le voyage de Tata Milouda » raconte l’histoire d’une femme immigrée marocaine, analphabète qui se met à l’écriture et devient une slameuse de renom à 60 ans.
Dans tous ses films, elle explore les thématiques de l’identité, du rêve et de la difficulté d’être soi.
Le film
C’est un documentaire qui éclaire d’un regard nouveau le combat des femmes engagées dans la lutte pour l’indépendance de l’Algérie.
La réalisatrice (qui est aussi scénariste, ingénieur du son...) a choisi une approche scénaristique originale qui privilégie la dimension intime.
Il s’agit du portrait de la Moudjahida Nassima Hablal, une des 10 949 femmes qui ont combattu pendant la guerre d’indépendance en Algérie.
Pourquoi 10949 ? Ce nombre a été retenu après un grand travail historique mené par l’historienne Djamila Amrane qui est allée puiser dans le répertoire du ministère des Anciens moujahidines et a fait le recensement de ces femmes. Ce nombre est symbolique, pour rappeler qu’elles ont été nombreuses à participer à cette guerre d’indépendance, même si elles ont sans doute été plus nombreuses encore, mais 10949 femmes ont droit à une pension d’ancien combattant.
Le portrait
C’est un portrait de femme réalisé avec une grande intelligence et une sensibilité élégante. L’émotion est forte devant cette femme âgée et fatiguée qui irradie de
courage, de joie de vivre et d’humour. Nassima Guessoum a su créer une atmosphère de confiance souriante et de proximité avec son héroïne. Elle a construit son scénario pour qu’il réponde à l’idée d’une grand-mère qui s’adresse à vous en commençant par « Il était une fois ... ».
Cette lecture humaine se croise à l’écran avec une lecture politique plus en arrière plan mais omniprésente.
Nassima Habdal est une pionnière qui militait dès les années 40 au sein du Parti du Peuple Algérien (PPA) c’est à dire, bien avant son engagement au FLN créé en 1954. C’était une personnalité profondément libre, arrêtée à deux reprises, qui connaîtra l’effroyable villa Susini, centre de torture de l’armée coloniale.
Les autres personnages
Baya Laribi, infirmière et combattante, elle-aussi atrocement torturée. Elle subira par ailleurs bien des atrocités avant de rejoindre Tunis où était le gouvernement provisoire.
Nelly Forget, elle, venait de France et travaillait comme volontaire dans les chantiers des bidonvilles autour d’Alger. Elle n’est pas dans le FLN mais elle est accusée de soutenir et de cacher des membres du FLN. Elle est arrêtée et torturée.
Danièle
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Année 2016
10949 Femmes
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