Andrew et Ben, deux anciens amis d’université, renouent contact après des années de silence. Ben a une vie bien installée avec femme et travail tandis qu’Andrew n’a rien perdu de ses idéaux de jeunesse, de sa fougue adolescente et de son goût de la fête. Lors d’une soirée bien arrosée, les deux hommes acceptent de se lancer dans un pari : tourner un film porno gay amateur. Mais il est bien entendu entre ces deux hétérosexuels que leur projet sera d’abord une expérience cinématographique inédite…
Le cinéma indépendant américain est capable de nous surprendre et d’offrir des petits bijoux. Humpday en fait partie, à coup sûr. Le scénario du film fait référence à d’un authentique concours de vidéos pour adultes, le « Humpfest ». Pourtant, en prenant pour point de départ un sujet on ne peut plus subversif, la réalisatrice parvient à éviter la grivoiserie. Son objectif est d’interpeller le public sur la place de l’identité sexuelle dans la société et de traiter de l’amitié. Humpday offre également de très beaux portraits. Celui d’abord de deux amis qui s’étaient perdus de vue mais dont les existences ont diamétralement changé depuis leur jeunesse : l’un s’est installé dans une vie routinière tandis que l’autre, encore dans sa période « grunge », cultive une douce folie. Au milieu des deux s’est interposée une femme, Anna, l’épouse de Ben, mise à forte épreuve à cause de cette vidéo.
Humpday est un film audacieux derrière une réalisation sans fioritures, avec des dialogues brillants et des situations irrésistibles. C’est une comédie très fine qui ne tombe pas dans la vulgarité et qui est bien supérieure, selon certaines critiques, à Very Bad Trip. C’est dire !