LES CRAMÉS DE LA BOBINE

L’avis des Cramés de la Bobine au sujet de Jaffa

vendredi 25 septembre 2009 par Claude

Du jeudi 1er au mardi 6 octobre, les Cramés de la Bobine présentent Jaffa, un superbe film israélien de Keren Yedaya.

Situé au cœur de Jaffa, une ville, "la fiancée de la mer", le garage de Reuven est une affaire familiale où il emploie sa fille Mali, son fils Meir et Toufik, un jeune Palestinien avec son père Hassan. Personne n’imagine que Mali et Toufik s’aiment depuis longtemps. Alors que les amants préparent en secret leur mariage, la tension monte entre Meir et Toufik...

La ville de Jaffa est un paradoxe urbain, accueillant à la fois le difficile dialogue israélo-palestinien et la richesse culturelle de ces deux peuples. Cosmopolite, "la ville aux oranges" a servi de refuge aux prisonniers des camps de concentration, à partir de 1948 et de la création de l’Etat d’Israël.

Aujourd’hui, la richesse de Jaffa réside dans son port et cette ouverture maritime qui dépasse discours politiques et dogmes religieux.

Après avoir achevé le scénario de Mon Trésor, Keren Yedaya a commencé à réfléchir au projet de Jaffa, politique et focalisé sur le conflit israélo-palestinien. Le désir premier de la cinéaste, marquée par les mélodrames populaires égyptiens de son enfance, restait néanmoins de toucher un public plus large que les passionnés de politique. Keren Yedaya nous livre ici une peinture familiale symptomatique de la société israélienne et de la situation politique : intéressée par "ceux qui luttent pour des besoins humains fondamentaux", elle met en scène un milieu modeste, une famille torturée par l’incommunicabilité.

Les critiques ne tarissent pas d’éloges : Christophe Ayad, dans Libération, se demande « par quel miracle le cinéma israélien est de plus en plus juste et nuancé dans la description d’une société toujours plus insensible à la souffrance des autres - les Palestiniens - et à la sienne ». Dans Première, Christophe Narbonne admire « le minimalisme de la mise en scène, la sensation d’isolement et d’étouffement ». Pour Jean-Luc Douin, du Monde, "Keren Yedaya signe un film extrêmement dérangeant, où elle s’en prend aux hypocrisies politiques, aux mensonges sociaux, aux contradictions de la société israélienne".

Les « Cramés » vous invitent instamment à ce grand moment de cinéma intimiste réfractant dans un drame familial la situation politique : vous retrouverez peut-être les vibrations de L’Histoire officielle de Luis Puenzo, qui traitait de même de l’Argentine des généraux à travers le déchirement d’un couple.

Jaffa

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