Bernard Sasia a été le monteur de 16 des 17 films de Robert Guédiguian, ils travaillent donc ensemble depuis plus de 30 ans. Dans « Robert sans Robert », Bernard Sasia et Clémentine Yelnik empruntent à Robert ses images et ses personnages. Bernard, le monteur, va démonter et remonter les films pour nous raconter Robert, le montage, la création et l’amour du cinéma.
Les histoires de ce film se nourrissent des histoires des films de Guédiguian. Par la magie du montage, Ascaride, Meylan et Darroussin se donnent la réplique par delà les films et le temps. Le temps est aussi un personnage du film, le temps qui passe sur l’Estaque (de « Dernier été » aux « Neiges du Kilimandjaro ») et sur les héros du film que nous voyons vieillir avec nous.
« Robert sans Robert » est un film qui se promène dans l’œuvre de Guédiguian. Bernard Sasia la connaît si bien qu’il établit des passerelles, trouve des chemins buissonniers. Il fait ce film avec les moyens du montage, arrêts sur image, retours en arrière, accélérés, cuts et fondus,... Il s’épargne ainsi la forme habituelle du « film sur... », avec interviews et discours. A la place, par le montage et sa voix off, Bernard, d’ordinaire muet évoque ses années de création près de Robert Guédiguian.