LES CRAMÉS DE LA BOBINE

Une sorte de fureur de vivre au féminin pluriel

samedi 26 janvier 2013 par Sylvie Braibant

A l’évidence, l’adolescence, les passages de l’enfance, à l’adolescence puis au monde des adultes passionne le cinéaste français Laurent Cantet, dont on

avait pu mesurer la maîtrise sur cette thématique dans "Entre les murs", palme d’or au festival de Cannes en 2008.

Foxfire, confessions d’un gang de filles, son dernier film est adapté de l’un des romans de Joyce Carol Oates, l’une des meilleures écrivaines de la scène littéraire américaine. Il raconte le regroupement, la fondation, les actions de plus en plus violentes - jusqu’au drame -, principalement contre les garçons et les hommes qui agressent les femmes, d’un groupe de jeunes filles dans l’Amérique des années cinquante, celle d’Eisenhower, marquée par l’après guerre, le maccarthysme et le début de la lutte pour les droits civiques des noirs.

Loin d’être hagiographique, le récit - en une fiction très politique -, n’élude ni les différences de classes, ni les questions raciales, mais nous conduit à appréhender une violence émancipatrice qui passe de criminelle, à féministe puis sociale et politique.

Le film a été tourné dans la province d’Ontario au Canada, en particulier pour ses paysages urbains qui rappellent les années cinquante. Comme avec Entre les murs, le réalisateur a tourné avec des actrices (et quelques acteurs) non professionnelles. Il en ressort une sorte de fureur de vivre au féminin pluriel, un envers absolu du rêve américain.


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