C’est l’histoire de Lolita Cassard une jeune fille de vingt ans, mal dans sa peau en raison de ses rondeurs. Elle suit des cours de chant et voudrait que son père, s’intéresse à elle. Celui-ci, écrivain et directeur de collections ne consacre pas le moindre temps à sa fille. Sylvia Miller est la professeur de chant de Lolita qui se sert de cette relation pour aider Pierre son mari qui est un écrivain qui a du mal à percer. Son troisième livre va finalement connaître le succès avec l’appui du père de Lolita.
Les débuts à l’écran de Marilou Berry, fille de la comédienne Josiane Balasko, sont remarquables. Agnès Jaoui se souvient : "elle m’a tout de suite plu. Elle avait un côté mal dans sa peau et en même temps un air buté qui correspondait au personnage. 0n avait envie de parler du rapport père/fille et en plus d’aborder le poids de l’image et des modèles. Lolita est à un âge où l’on se cherche. D’autant plus qu’elle ne s’habille pas en 38. C’est violent à tout âge, mais encore plus à vingt ans. La dictature de la beauté limite les possibilités d’identification et ça rend encore plus malheureux. On avait envie de parler du pouvoir du point de vue de ceux qui le tolèrent. Il n’y a pas un jour où je ne suis pas étonnée de voir comment les gens acceptent de se faire parler, traiter, écraser, moquer."
Ces trois axes, que recèle le scénario, s’attachent à décrire les rapports de force qui s’instaurent entre les êtres humains et permettent d’illustrer la dimension psychologique des personnages. Les caractéristiques du masochisme moral sont exploitées pour élaborer le comportement de cet entourage qui accepte la domination d’Etienne Cassard. Le sentiment de culpabilité contamine tour à tour chaque personnage et révèle la difficulté pour ce groupe d’avoir des relations équilibrées. Tous ces gens, aux noms d’intérêts particuliers, vont être subordonnés au bon vouloir de cet auteur acariâtre.
L’histoire est centrée sur Lolita coincée entre le désintérêt de son père et ses histoires de cœur avec de jeunes séducteurs qui ne la fréquentent que pour obtenir des faveurs de son père. Elle s’obstine à négliger Sébastien alors qu’il est le seul à pouvoir l’accompagner sur le chemin qui fera d’elle une adulte indépendante de son père. Au cours du débat nous nous interrogerons sur les causes de son comportement et sur les rapports entre psychologie et cinéma.
L’humour utilisé, pour décrire ce monde de l’édition et les rapports de domination qui s’y forgent, atténue les chocs perpétuels des égo et donne du plaisir à regarder cette comédie satirique . De plus, les amateurs de chant trouvent aussi du bonheur dans ce film choral qui révèle le goût pour la musique de la réalisatrice et ils pourront ainsi prolonger les émotions du concert d’Agnès Jaoui à la Salle des Fêtes de Montargis le 12 mai prochain.