Dans ce petit pays du Nord mais qui était alors puissant, le roi Christian VII est à marier. Le roi George III, pas encore malade et en quête d’alliance, lui envoie depuis Londres sa jeune sœur Mathilde (Caroline-Mathilde de
Hanovre), fraiche et innocente (elle vient d’avoir 15 ans), mais habile à cheval, mélomane et instruite. Elle aime lire, et à la cour d’Angleterre les œuvres les plus diverses lui sont accessibles, y compris celles des philosophes des Lumières. Sa déconvenue auprès d’un jeune roi danois, très perturbé et frustre, se mesure à l’aune de ses aspirations d’émancipation.
La vie de la jeune reine prend alors une tournure quasi désespérée, dans laquelle elle ne s’égaye qu’à la vue de son fils. Elle sombre dans la mélancolie jusqu’à l’arrivée de Johann Friedrich Struensee, un médecin allemand recruté par les libéraux de
la Cour du Danemark pour tenter de remettre sur pied le roi, dont la maladie mentale a permis à la fraction ultra puritaine et conservatrice, chez les nobles et chez les hommes d’Eglise, de mettre la main sur la gouvernance du Danemark.
Johann Friedrich Struensee est lui aussi épris des lumières et son ascendant rapide sur Christian VII lui permet de mettre en pratique ses réformes, avec l’appui de la reine. Mais les obscurantistes veillent à ce que ni les amours adultères royales, ni les idées de progrès ne puissent s’épanouir.