« L’enfant d’en haut » suit les allées et venues quotidiennes d’un petit voleur, Simon qui, par la télécabine passe de la morne plaine industrielle à la station de ski renommée. Simon a douze ans et vit avec sa sœur aînée Louise. Il doit gagner de l’argent pour que Louise et lui aient un toit et puissent manger. Malgré son jeune âge il s’occupe de tout, du ménage, de la lessive, des factures. Son « travail » consiste, l’hiver, à partir chaque matin dans la station de ski pour dérober des pièces d’équipement de skieur qu’il revend en bas. Son trafic prend de l’ampleur et Simon perd peu à peu toute prudence.
Ce film est une réflexion brillante sur la richesse et la pauvreté mais ce n’est pas un film social (ni école, ni services sociaux, ni police). C’est une fable sociologique, qui se joue en Suisse, et qui reflète, peut-être, l’état social du monde.
Le contraste entre la triste plaine industrielle et la beauté naturelle de la montagne est magnifiquement capté par la caméra d’Agnès Godard, fidèle chef opérateur de Claire Denis, mais aussi d’Agnès Varda, d’Erick Zonca, de Catherine Corsini ou d’André Téchiné.
Louise, la grande sœur, est interprétée par Léa Seydoux, jeune actrice française très en vue, qui a, la même année, donné la réplique à Diane Kruger (« Les adieux à la reine » de Benoît Jacquot), et à Tom Cruise (« Mission impossible : Ghost Protocol » de Brad Bird).
Le jeune acteur suisse Kacey Mottet Klein, que l’on a déjà vu dans « Home » d’Ursula Meier (il avait 7 ans) et dans « Gainsbourg » de Joann Sfar, réalise là encore une prestation remarquable.