Le réalisateur
R. Colla est né à Schaffhouse, en Suisse, en 1957 de parents immigrés italiens. Il obtient la citoyenneté suisse en 1977. Diplômé de la Faculté des Lettres de l’université de Zürich, il débute sa carrière dans le cinéma à partir de 1983. Il travaille comme comédien, scénariste, réalisateur et producteur. En 1984, il a fondé une société de production Peacock Film.
Son œuvre cinématographique se caractérise par un engagement social et politique. "Jeux d’été" est son quatrième long-métrage après "Le monde à l’envers" en 2000 (prix du jury Jeune au festival de Locarno), "Au-delà des frontières" en 2004 qui a obtenu un prix au festival de Mons et "L’autre moitié" en 2008. Il a réalisé également de nombreux court-métrages dont la série des Einspruch (Einspruch I, II, III) qui a été primée à Clermont-Ferrand en 2003.
Avec "Jeux d’été", Rolando Colla retrouve ses origines italiennes, le film est tourné en Italie, avec des acteurs italiens et en italien. Rolando Colla a laissé entendre que ce film avait un certain caractère autobiographique.
Le film
"Jeux d’été" se passe dans un camping en Toscane. Vincenzo et Adriana tentent une dernière fois de sauver leur couple. Nic leur fils de 12 ans a comme son père beaucoup de mal à maîtriser sa violence. Dans le groupe que forment les enfants du camping, Nic rencontre Marie, une adolescente de Genève qui séjourne dans un bungalow avec sa mère et sa tante. Leur vie va changer à tout jamais à la découverte de leur premier amour.
Le film raconte le monde de ces enfants, leurs bravades, leurs découvertes et leurs premières amours, entre moments de joie et tensions destructrices qui semblent, parfois, les emporter fatalement. A travers les jeux auxquels ils s’adonnent, nous apprenons à les connaître et nous découvrons leurs secrets.
L’ambiance du film est loin d’être idyllique, loin du charmant farniente des traditionnelles vacances d’été. La présumée innocence des enfants est également mise à mal : nombreuses sont les scènes où ils s’adonnent à des jeux violents et cruels, voire pervers et où ils bravent l’interdit.
R. Colla nous propose un film dur, mais qui parle avec justesse, réalisme et sensibilité d’existences ordinaires, de la complexité des relations humaines et des difficultés qui peuvent nous submerger jusqu’à nous couper des êtres que l’on chérit.
Le cinéma italien et l’enfance
Le cinéma italien a toujours eu une prédilection particulière pour le monde des enfants, en particulier, dès la fin de la Seconde guerre mondiale, des chefs d’œuvre du néoréalisme : "les enfants nous regardent" (1943), "Sciuscià" (1946) et "Le voleur de bicyclette" (1948) de Vittorio De Sica ou "Rome ville ouverte" (1945), "Paisà" (1946) et "Allemagne, année zéro" (1947) de Roberto Rossellini, pour ne citer que les plus connus. On peut penser aussi à des films plus récents tels que "les enfants volés" (1992) de Gianni Amelio, "L’été où j’ai grandi" (2003) de Gabriele Salvatores ou "Libero" (2006) de Kim Rossi Stuart. Les exemples sont nombreux.
C’est que le cinéma italien évoque souvent un monde de tendresse et de douleur, où les enfants semblent avoir une place toute naturelle. Abandonnés à eux-mêmes, orphelins ou victimes, ils sont, la plupart du temps, les témoins des problèmes des adultes et en subissent les conséquences. Puis, à côté des traumatismes, ils nous dévoilent également un univers de merveilles et d’espoir : leurs découvertes, leur fantaisie et leur innocence en font des personnages attachants. Enfin et surtout, le regard de l’enfant est comme un filtre qui permet de formuler un discours critique sur le monde dans lequel nous vivons et peut devenir un instrument de dénonciation de la cruauté qui nous entoure ou … le reflet de celle-ci.
Le casting des enfants
Armando Condolucci, Fiorella Campanella, Francesco Huang, Chiara Solari, Marco d’Orazi (Nic, Marie, Lee, Patty, Agostino)
Les cinq enfants ont été sélectionnés et recrutés dans diverses villes italiennes et à Paris au travers de "castings sauvages". Ils n’ont pas été choisis par des agences de casting mais dans les rues et les écoles et
ont été sélectionnés parmi plus de 1700 enfants. Armando Condolucci (Nic), Marco D’Orazi (Agostino) et Chiara Scolari (Patty) sont issus d’une banlieue de Rome. Le chemin pour trouver Francesco Huang (Lee) a été plus dur et a conduit de Rome à Naples et à Bologne. La seule qui avait une expérience d’actrice est Fiorella Campanella (Marie). Elle est née en 1997 à Paris, où elle vit toujours et où elle a été découverte par hasard pour le film. Elle avait déjà joué un rôle dans le film de Julian Schnabel "Le Scaphandre et le papillon".