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Après la guerre

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Fiche
(Après la guerre)

samedi 31 mars 2018 par Cramés
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WEEK END JEUNES RÉALISATEURS 7 et 8 avril 2018

Animé par Alain Riou

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6 nominations au Festival de Cannes 2017
En présence de Delphine Agut co-scénariste
Dimanche 8 avril à 17h

Film franco-italien (mars 2018, 1h32) de Annarita Zambrano
Avec Giuseppe Battiston, Charlotte Cétaire, Barbora Bobulova, Fabricio Ferracane, Marylin Canto et Jean-Marc Barr

Distributeur : Pyramide

Synopsis : Bologne, 2002. Le refus de la loi travail explose dans les universités. L’assassinat d’un juge ouvre des vieilles blessures politiques entre l’Italie et la France.
Marco, ex-militant d’extrême gauche, condamné pour meurtre et réfugié en France depuis 20 ans grâce à la Doctrine Mitterrand, est soupçonné d’avoir commandité l’attentat. Le gouvernement italien demande son extradition.
Obligé de prendre la fuite avec Viola, sa fille de 16 ans, sa vie bascule à tout jamais, ainsi que celle de sa famille en Italie qui se retrouve à payer pour ses fautes passées.

Dossier de presse *** Bande annonce *** Horaires


Après la Guerre, un grand moment de cinéma. (Après la guerre)

vendredi 30 mars 2018 par Georges.J

Après la guerre est un film d’Annarita Zambrano (43 ans) sélectionné pour un certain regard à Cannes. C’est une jeune réalisatrice, scénariste et productrice qui après 8 ans de carrière a réalisé une dizaine de courts métrages et documentaires. Et Après la guerre est son premier long-métrage. Issue d’une famille bourgeoise - son père était juge - rien ne la destinait à faire du cinéma. Elle a fait des études classiques de grec et de latin, elle est docteur en linguistique et à 35 ans elle a le courage de réaliser son rêve, venir en France et devenir réalisatrice de cinéma.

Le titre du film, Après la Guerre est une manière de rappeler qu’une partie du peuple italien vivait cette période comme une guerre, alors que les autorités du pays excluaient ce terme pour parler de terrorisme. Ce film raconte l’histoire de Marco un ex-militant de gauche, confronté à son passé qui fut aussi celui des années de plomb avec sa violence extrême, ses morts par centaines, partout, dans les lycées, les facultés, les rues… Lycéenne dans les années 1980 Annarita Zambrano fut aussi confrontée à cette violence. Elle a été témoin d’un assassinat de lycéens, comme chacun elle se souvient de l’assassinat d’Aldo Moro. Elle dit comment chaque Italien a intégré la peur dans sa vie quotidienne. Pour l’Italie cette période demeure un traumatisme.

En 1985 la France accueille des militants des Brigades Rouges en fuite. C’est la « Doctrine Mitterrand » qui désigne un engagement verbal pris par le Président de la République française François Mitterrand, de ne pas extrader les anciens activistes et terroristes d’extrême gauche, désengagés des brigades rouges, à condition qu’ils renoncent à leur activisme. C’était un calcul politique, cette deuxième chance avait l’avantage de fermer les risques de jonction avec des groupes activistes français et d’activistes italiens encore en action. Mais cette promesse verbale ne valait que le temps de Mitterrand. Chirac puis Sarkozy ont rompu avec cette doctrine.

En France, la critique fait une analogie entre le personnage du film et l’affaire Cesare Battisti. Cette analogie n’est pas celle d’Annarita Zambrano, elle considère que Battisti est un droit commun, politisé en prison, qui habille politiquement les crimes qu’on lui impute.

Ce film se présente comme un diptyque. La France de la campagne et des champs où Marco, ex-brigadiste, et sa fille désormais sans refuge
fuient et se cachent, et l’Italie de la Ville où vivent ceux dont Marco était proche, les parents, amis… et les autres.
La question qui intéresse Annarita Zambrino, c’est comment on vit quand la vie va d’exil en fuite et de fuite en cachette et comment vivent les membres de sa famille, là-bas en Italie. Et elle ajoute : Et si quelqu’un ne paie pas, qui paye ?

Il y a un moment où l’histoire rattrape ceux qui contribuent à la faire, ils se retrouvent alors tout petit dans leur petite histoire de vie. Cette petite histoire est propre à chacun. Cependant, il y a des interférences, Viola fille de Marco, doit vivre une histoire qui n’est pas la sienne, celle assujettie d’une perpétuelle fugitive. En Italie, la vie des proches de Marco s’en trouve elle aussi troublée. La réalisatrice, ex-linguiste, montre comment cette situation se traduit jusque dans les mots, et d’une langue à l’autre et dans les faits, dans le quotidien.

J’espère que ces quelques précisions seront de quelque utilité pour suivre Marco, sa fille de 16 ans dans leur périple. J’ai eu l’avantage de voir ce film en prévisionnement, il est prenant, son scénario est impeccable, ses acteurs Giuseppe Battiston dans le rôle de Marco la jeune Charlotte Cétaire dans le rôle de Viola et tous les autres sont mieux que convaincants. Je me souviens qu’Alain Riou observait que souvent les fins de film, mêmes bons, sont loupées. La fin de ce film-là, comment est-elle ? Vous verrez.



Bande annonce (Après la guerre)

vendredi 9 mars 2018 par Cramés