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Makala

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Fiche
(Makala)

jeudi 29 mars 2018 par Cramés
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WEEK END JEUNES RÉALISATEURS 7 et 8 avril 2018

Animé par Alain Riou

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Grand prix de la Semaine de la critique 2017
Dimanche 8 avril à 10h30

Documentaire français (décembre 2017, 1h36) de Emmanuel Gras avec Kabwita Kasongo et Lydie Kasongo
Distributeur : Les Films du Losange

Synopsis : Au Congo, un jeune villageois espère offrir un avenir meilleur à sa famille. Il a comme ressources ses bras, la brousse environnante et une volonté tenace. Parti sur des routes dangereuses et épuisantes pour vendre le fruit de son travail, il découvrira la valeur de son effort et le prix de ses rêves.

Entretien avec le réalisateur *** Dossier de presse *** Bande annonce *** Horaires


La condition de vie singulière d’un homme (Makala)

lundi 2 avril 2018 par Laurence

Emmanuel Gras, le réalisateur de Makala (charbon en swahili), est un directeur de la photographie, réalisateur et scénariste français âgé de 41 ans. Bovines (2012), son documentaire dont les actrices étaient de magnifiques vaches est resté dans tous les esprits. En 2015, il coréalise 300 hommes avec Aline Dalbis, tourné dans un centre d’hébergement à Marseille, film qu’il juge aujourd’hui dispersé pour avoir voulu embrasser trop de thèmes, d’où les choix opérés sur Makala.
Makala a obtenu le Grand Prix de la Semaine de la critique au Festival de Cannes 2017. Le film est centré sur Kabwita, un charbonnier congolais père de famille et sur son travail journalier. Emmanuel Gras cherche avant tout à montrer la condition de vie singulière de cet homme, plus qu’une réalité sociale en République démocratique du Congo (ex Congo belge). Mais c’est précisément en s’approchant au plus près de cet homme, de ses efforts herculéens, de ses discussions sur le prix de sa marchandise, des contrôles et taxes semi-officiels auxquels il doit se soumettre, de l’abattage des arbres, qu’il montre cette réalité politique du pays. Emmanuel Gras souhaite avant tout faire un film de cinéma avec un personnage et son histoire et non une étude journalistique ou une thèse sur la réalité d’un pays d’Afrique. Pour lui, l’aspect politique de son film passe par l’expérience intime de Kabwita.
Il connaissait bien ce village qu’il avait découvert en tant que chef opérateur sur deux documentaires de Bram van Paeschen dont le sujet était les mines à ciel ouvert pour le premier et la construction d’une route entre Kolwesi et Lubumbaschi par des contremaitres chinois et des ouvriers africains pour le second. Il s’était imprégné de la réalité du pays et avait vu les charbonniers exercer leur métier. Il a rencontré Kabwita un an avant le début du tournage. Ils en ont défini ensemble les conditions mais c’est en le filmant qu’il dit avoir vraiment fait sa connaissance. Il considère que Kabwita est devenu acteur du film au sens où il a participé pleinement aux scènes et a été créateur de l’action. Pour E Gras, Kabwita joue sa propre vie et la met en scène à la manière dont il veut la montrer.
Il fait référence à Nanouk l’Esquimau (Robert Flaherty 1922) et déjà l’interrogation sur la place de la fiction dans le documentaire. Rien que le fait de filmer modifie la réalité. On pense aussi à Jean Rouch ou à Chris Marker pour questionner les frontières entre documentaire et fiction. Et, plus prosaïquement, Emmanuel Gras ne veut surtout pas que l’ennui vienne distraire l’attention et revendique le choix de faire appel à notre émotion par sa manière de filmer, par le choix de la musique pour rendre épique et romanesque la vie de cet homme qui pousse un vélo chargé de charbon, vie qui était déjà épique avant d’être filmée. Vie qu’Emmanuel Gras a su nous montrer avec une saisissante beauté.



Entretien avec le réalisateur (Makala)

samedi 10 mars 2018 par Cramés


Bande annonce (Makala)

vendredi 9 mars 2018 par Cramés