LES CRAMÉS DE LA BOBINE
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Cinéma d’ailleurs

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19èmeFestival d’Arras © Annick Picard (Cinéma d’ailleurs)

mercredi 28 novembre 2018 par Annick
2 au 11 novembre 2018

et 2ème édition pour nous.

C’est un grand plaisir de revenir à Arras où nous ne sommes plus en « terre inconnue ».

L’année dernière, nous avions été déçus qu’il n’y ait plus de « pass festival » disponibles à notre arrivée. La totalité avait été vendue sur place dans les deux jours précédant le festival.

Nous avions fait part de notre impossibilité de se déplacer pour cet achat et cette année nous avons reçu une invitation à acheter le Pass en ligne ! Nous avons également pu réserver en ligne les séances que nous ne voulions pas rater.
Pour les 10 jours, il s’est vendu 46 000 billets !
L’offre est copieuse et dédiée en priorité au cinéma européen : 125 films dont environ 80 présentés pour la première fois en France.
Et même dans le monde, exemple : L’Empereur de Paris. Eh oui car François VIDOCQ est un enfant d’Arras et une rue lui a été dédiée, inaugurée pendant le festival.
C’est dire que toute la ville est partie prenante de cette manifestation. Sans compter la participation des lycées (accueil, communication), Universités (écoles de cinéma) , conservatoires (ciné -concert).

Quelques avant premières que nous avons appréciées :

- L’incroyable aventure du Facteur Cheval
- The Bookshop
- Les Invisibles (en présence de toute l’équipe, dont Corinne Masiéro, très émue, nous rappelant qu’elle a commencé « à faire la manche » sous les arcades d’Arras)
- Amanda

Des découvertes européennes (16 films) :

- King of the Belgians (Flamand ! et drôle !)
- Styx (intense, perturbant)
- Sono tornato de Lucas Miniero (Italie 2018) (80 ans après sa mort, Benito Mussolini réapparait) (comédie politiquement incorrecte) (si on pouvait l’avoir aux Cramés...)

Dans les visions de l’est (9 films) :

- The Little Comrade (Estonie)

Dans Cinéma du monde (8 films) :

- Aga (Bulgarie)
- Tel Aviv on Fire (Israël) : où j’ai bien ri !
- Companeros (La noche de 12 anos) (Uruguay) : à demander pour les Cramés... Où j’ai pleuré, pour ne pas dire sangloté.

Rétrospective Conflits dans les Balkans (12 films) :

- Before the Rain (Macédoine 1994) que nous avons vu

Rétrospective Good cop, bad cop (13 films policiers)

- Police Python
- Un flic sur le toit
- L.A Confidential

Carte blanche à Michel Ciment

(que vous avez, pour la plupart, apprécié à Prades), qui était là avec Pascale Ferran

Et aussi le festival pour les enfants :

- Mirai ma petite sœur (animation Japon) (le seul que j’ai vu)

Lors de la soirée de clôture,

dans la compétition européenne et les différents jurys, ont été nommés :
- The Eternal Road (Finlande 2017)
- Jumpman (Russie 2018)
- One Step Behind the Seraphim (Roumanie 2017)
- Take it or Leave it (Estonie 2017)
- Panic Attack (Pologne 2018)

La soirée d’ ouverture

du festival avait été animée par Xavier Leherpeur (du Masque et la Plume)
suivie du film Lola et ses frères (en présence de l’équipe du film)
Parmi les invités de la semaine, aussi bien des réalisateurs étrangers dont c’est le premier film que des acteurs connus tels, Vincent Cassel, Agnès Jaoui, Corinne Masiero, Pierre Niney, Kheiron, Vianney...

Film de clôture :

- Edmond d’Alexis Michalik.
Le festival d’Arras s’adresse au plus grand nombre, il y en a pour tous les goûts, tous les publics (billets suspendus), ce qui crée une atmosphère unique dans toute la ville.

PS : n’ayant cité que les titres de films, je tiens à votre disposition quelques programmes détaillés. N’hésitez pas à me les demander.

Le dossier de presse du festival


59ème Cinérencontres de Prades© Dominique Bonnet (Cinéma d’ailleurs)

samedi 19 août 2017 par Cramés
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Festival d’Arras © Annick et Jean-Claude
(Cinéma d’ailleurs)

samedi 19 août 2017 par Annick
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Rendez-vous 2017 du cinéma en région Centre © Dominique Bonnet
(Cinéma d’ailleurs)

vendredi 18 août 2017 par Cramés
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58ème Cinérencontres de Prades© Dominique Bonnet
(Cinéma d’ailleurs)

jeudi 17 août 2017 par Cramés
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"Au revoir" du cinéaste iranien Mohammad Rasoulof
(Cinéma d’ailleurs)

samedi 27 août 2011 par Claude

Cet été, le festival de Prades, qui s’est déroulé du 15 au 22 juillet, a proposé deux superbes films iraniens, dont "Au revoir’ de Mohammad Rasoulof. Ce film, présenté dans la section "Un certain regard" au festival de Cannes 2011 et reconnu par le prix de la mise en scène, a d’autant plus de prix à nos yeux d’Occidentaux que le jeune cinéaste a été condamné avec Jafar Panahi à six ans de prison et à vingt ans d’interdiction de tourner et de quitter l’Iran : libéré en attendant le jugement de son appel, mais risquant à nouveau le même temps de réclusion, il est parvenu à tourner ce film dans des conditions semi-clandestines : avec un budget très serré, une équipe technique très réduite, une caméra numérique achetée à petit prix, le monteur et plusieurs comédiens de renom acceptant de travailler à titre gracieux, un scénario aménagé pour amadouer la censure, en pure perte - il aura fallu le soutien de la Maison du cinéma, une institution indépendante, pour obtenir un visa de tournage !
La reconnaissance internationale du film et sa sortie dans nos salles peuvent-ils apaiser le régime de Mahmoud Ahmadinjab ? Cela semble mal parti : le prix cannois a été ressenti là-bas comme une trahison, une entreprise de défiguration et de démoralisation de l’Iran ; l’œuvre n’a évidemment reçu aucun visa d’exploitation et la haine qu’elle suscite est telle que de faux synopsis circulent pour décourager les spectateurs d’aller la découvrir : intox’ et propagande se déchainent contre une création qui se veut pourtant apolitique, centrée sur la vie quotidienne d’une avocate, privée de licence, qui vit seule, son mari journaliste se cachant dans le sud comme conducteur de grue, et, enceinte, tente de fuir son pays..."Mes films peignent la vie et les situations complexes qui nous entourent. C’est l’intolérance et la précipitation des autorités du cinéma iranien qui donnent une dimension politique à ces situations simples" ; mais, dans un pays totalitaire, tout est politique : "chaque réaction, chaque critique sera considérée comme un geste politique" : lors du précédent tournage, les membre du ministère de la Sureté n’avaient-ils pas arrêté toute l’équipe du film ?

Ce film est d’une rare force et d’une grande sobriété, comme si la modestie des moyens et les entraves à la création rendaient le cadre plus noir, avec ses couloirs sans fin, ses vitres sans tain, son appartement brutalement privé d’ordinateur et d’antenne satellite et ce bureau des passeports où le sésame est indéfiniment, interminablement quêté devant une photo de la tour Eiffel quelque peu ironique...Le huis clos n’en est que plus étouffant et le propos plus intense, d’autant que l’héroïne au combat solitaire, sobre et déterminée, est sans cesse présente à l’écran. Il s’agit bien d’une tragédie, d’un destin plus fort que les êtres qui se débattent, d’un déchirement entre le courage ou la fuite (mais de quel côté au juste se situe le courage ?), entre l’acceptation silencieuse et le renoncement muet à toutes ses attaches : quel silence coute le plus cher ? Vit-on pour soi, pour sa conscience ou pour les autres, pour son pays ?

A cette volonté de partir, que nous suivons presqu’en temps réel, s’ajoute, dans le tempo de l’intimité, un choix personnel : garder l’enfant ou avorter, sans soutien d’aucune sorte (pas même une mère singulièrement froide, comme absente), que des entraves politiques ou administratives...

Un film à voir absolument, sur la soif de liberté et sur un combat sans fin.

Claude




Gianni Amelio ou le retour du "néo-réalisme" italien.
(Cinéma d’ailleurs)

vendredi 26 août 2011 par Claude

L’édition 2011 de Prades, outre une quinzaine de films avec Dominique Blanc, l’invitée d’honneur, et la découverte d’avant-premières de Cannes, nous a offert un superbe cycle de cinéma italien - et notamment 4 films de Gianni Amelio, injustement méconnu en France, présentés par le critique et universitaire Jean-Claude Mirabella. Ce cinéaste sobre, exigeant, creuse en grand créateur le même filon obstiné, qu’il sait décliner en variations subtiles : la quête du père et des origines, la magie de l’enfance, fût-elle pauvre, marginale ou handicapée, l’apaisement, voire le salut qu’elle nous apporte par sa tendre gravité et sa maturité insoupçonnée, la complicité douloureuse entre frères, l’exclusion et l’exploitation de l’homme, la pauvreté et l’immigration, l’impossible rencontre des milieux sociaux, et, chaque film ou presque étant un road-movie, l’itinéraire ou l’errance, qui s’avère le plus souvent un voyage intérieur, une prise de conscience ou un retour aux sources...

Gianni Amelio est un réalisateur de cinéma et de télévision né le 20 janvier 1945 à San Pietro di Magisano, dans la province de Catanzaro. Il suit à l’université une formation en philosophie en Sicile et entre au Centre expérimental de Cinéma de Rome. Il réalise des téléfilms remarqués par la critique dans les années 1960. En 1982, il débute dans le 7ème art avec son 1er long métrage "Colpire al cuore" ("Droit au cœur"), avec Jean-Louis Trintignant, récompensé du prix David di Donatello de la meilleure réalisation et obtient le prix ACI à la Mostra de Venise. Il est issu d’une famille d’émigrants : son père est parti en Amérique, son grand-père en Argentine. Ses films, plus psychologiques que politiques, révèlent l’influence des grands maîtres du cinéma italien, Roberto Rossellini, Vittorio de Sica ou Luchino Visconti. Son acteur fétiche, Enrico Lo Verso, joue avec force et sobriété des personnages traqués, marqués par le destin ou torturés tels le carabinier des "Enfants volés".

Ses autres films marquants sont "Portes ouvertes" sur la peine de mort, nommé en 1990 à l’Oscar du meilleur film étranger, "L’Etoile imaginaire" (2005) qui a été sélectionnée pour la Mostra de Venise. Au titre des récompenses reçues par le cinéaste, rappelons que "Lamerica" a eu le prix spécial de la mise en scène à la Mostra de Venise en 1994, que "Mon frère" a obtenu le Lion d’or à la Mostra de Venise en 1998 tandis que "Le chiavi di casa" (ou "Les Clefs de la maison") sera en sélection officielle à nouveau à la Mostra de Venise en 2003.

Commençons par "Lamerica", film assez atypique dans l’œuvre d’Amelio, l’un des rares films à ne pas évoquer les relations familiales ou leurs substituts symboliques. Dans ce film, le cinéaste s’interroge sur les rapports entre l’Occident et le reste du monde : il dénonce le capitalisme sauvage et colonialiste qui sévit en Albanie, après la chute du communisme, à partir de l’histoire de deux Italiens qui veulent y créer une entreprise. Un homme d’affaires frauduleux et son jeune partenaire sont prêts à exploiter la misère humaine : avec le soutien d’un fonctionnaire du Ministère corrompu, ils arrivent à Tirana, prétendant y implanter une usine de chaussures et trouver un prête-nom pour président de la société : les lois italiennes sur entrepreneuriat à l’étranger leur permettront d’empocher des subventions considérables. Pour ce faire, ils vont aller voir des prisonniers politiques, aller dans un hospice où ils recruteront finalement un vieillard, pauvre hère mutique qui s’avèrera...italien, Sicilien resté caché en Albanie après l’invasion fasciste de la guerre par quoi s’ouvre le générique. Louis l’affairiste, qui accompagne le vieux Michael, perd peu à peu ses certitudes et son arrogance au cours de ce road-movie tandis que le faux président pense avoir un fils et veut partir à sa recherche. Le voyage à travers cette Albanie pasolinienne et rossellinienne s’avère une remontée vers un passé mal digéré et l’Amérique rêvée par des émigrants dignes de Chaplin une surprise finalement...

"Les Clés de la maison" évoquent, avec beaucoup d’émotion, une pointe de sensiblerie - ajouteraient quelques critiques bien sévères - la découverte réciproque d’un père et de son fils handicapé. Gianni - un double du cinéaste ? - ne supportant pas la mort de sa femme à la naissance de Paolo, a fui ses responsabilités, laissant l’enfant en garde à son oncle et à sa tante. L’originalité du scénario tient à l’immense sentiment de culpabilité, qui habite dès lors le père et à la force sereine avec laquelle l’enfant, digne et jamais récriminateur, relève l’adulte, le hausse au-dessus de lui-même et lui indique la voie d’une vraie rédemption, avec au terme du chemin, un amour vrai, léger et délivré. De ce paradoxe et de cette inversion des rôles, Amelio tire un très beau film, où Charlotte Rampling, mère d’une jeune fille bien plus handicapée que Paolo, incarne un double à la fois plus douloureux et serein que Gianni : elle aussi donne une belle leçon de vie au jeune père et au spectateur. Le regard enfin du garçon, dont les tentatives de marche à l’hôpital et le désir de retourner à la maison donnent lieu à des scènes bouleversantes, semble nous convoquer à travers de grosses lunettes - miroir de notre mauvaise conscience. Le pari était difficile de mettre en scène le handicap sans tomber dans le pathétique, le voyeurisme ou même la simple compassion.

C’est aussi à une naissance inversée à l’étrange maturité de l’enfance que nous invitent "Les Enfants volés", pour nous peut-être la plus forte émotion de ces quatre joyaux. Un road-movie, s’il en est, celui d’un carabinier chargé d’escorter la jeune Rosetta, prostituée par sa mère à 11 ans et son frère de 9 ans dans un institut spécialisé en Sicile - encore un voyage vers le Sud. Ce qui devait être un voyage balisé par le mandat et le statut officiel du policier va devenir une errance picaresque, marquée par le mutisme initial du garçon, la rage et l’hostilité de la gamine, les difficultés d’hébergement du trio - la sœur calabraise hospitalière devant céder devant une cousine reconnaissant lors du repas familial la photo de la fillette sur un magazine à scandale ! Alors, de foyer romain, fermé à l’amour, en refuge de fortune, des routes poussiéreuses au bain salvateur en bord de mer, le cheminement de l’adulte et des deux jeunes âmes dont il a la charge se fait double voyage intérieur : apaisement devant l’injustice du monde au fil des rencontres, au contact d’une nature plus hospitalière - lent apprivoisement de l’adulte enfin libéré de son rôle, père de substitution, sourires et fringale des gamins. Un voyage officiel pour fuir le malheur et pêcher la tendresse, l’abandon des enfants dans les vagues, le regard inquiet du père lors du repas, la peur de la séparation finale, la métamorphose vestimentaire, le jean, comme pour se dépouiller de son écorce...

Enfin, "Mon frère" semble réunir tous les ingrédients des 3 autres films, insérant la dimension familiale dans une fresque sociologique : mais là où pouvait percevoir un espoir, le film semble désabusé et, à bien des égards, terrible. L’évocation des Italiens du Sud montant à Turin pour travailler comme des forçats et dormir dans des caves, de ce "Lumpenproletariat" sans conscience de classe exploité par d’anciens ouvriers sans scrupule (tels Giovanni) fait froid dans le dos. Mais ce qui nous émeut le plus et reste le plus fort par-delà quelques longueurs ou ellipses étonnantes du récit, c’est l’histoire de ces deux frères si différents, unis pourtant par un amour aveugle, instinctif. En 1958, Giovanni, ouvrier analphabète, quitte ainsi sa Sicile natale pour gagner sa vie à Turin et financer les études de son frère, futur instituteur. L’aîné accepte ainsi les travaux les plus durs pour aider Pietro et lui permettre d’accéder à cette culture quasiment mythique qui lui a toujours été fermée. Ses travaux épuisants vont lui faire perdre peu à peu son objectif et l’amener à la limite du sacrifice mais aussi de la légalité. En sera-t-il récompensé et connaîtra-t-il une ascension sociale ? Quant au cadet, répondra-t-il, malgré ses mensonges et son absentéisme - il a déjà oublié son frère à la gare - aux promesses de ses fées et à la honte sociale de son frère ? Qui est le meilleur, humainement, de l’intello ou de l’ouvrier ? Qui est ou sera le plus heureux ? On retrouve là, au cœur du cinéma italien, l’obsession qui brûle dans les récits d’Annie Ernaux comme "La Place" ou "Une femme" : l’écart, voire le gouffre culturel dans une même famille, deux modèles différents, entre la jeune femme prof de lettres et le père cabaretier - la honte et le bonheur malgré tout de venir d’un autre milieu. "Comme de l’amour séparé" - écrit l’auteur de "La Honte"...

Claude



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