LES CRAMÉS DE LA BOBINE
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Cessez le feu

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Fiche
(Cessez le feu)

samedi 11 mars 2017 par Cramés
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WEEK END JEUNES RÉALISATEURS 1er et 2 avril 2017 2017

Animé par Alain Riou

nominé au Festival du Film d’Angoulême et au Festival du Film de Locarno

Dimanche 2 Avril à 20h30
En présence du réalisateur Emmanuel Courcol et de Valentin Sarkissian du Pacte

Film français (avril 2017, 1h43) de Emmanuel Courcol
Avec Romain Duris, Céline Sallette, Grégory Gadebois, Julie-Marie Parmentier, Maryvonne Schiltz, Wabinlé Nabié et Yvon Martin

PREMIER LONG MÉTRAGE

Synopsis : 1923. Georges, héros de 14 fuyant son passé, mène depuis quatre ans une vie nomade et aventureuse en Afrique lorsqu’il décide de rentrer en France. Il y retrouve sa mère et son frère Marcel, invalide de guerre muré dans le silence. Peinant à retrouver une place dans cet Après-guerre où la vie a continué sans lui, il fait la rencontre d’Hélène, professeure de langue des signes avec qui il noue une relation tourmentée...

Article de Laurence *** Dossier de presse *** Revue de presse de l’ACC *** Bande annonce *** Horaires
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D’anciens combattants à la dérive (Cessez le feu)

vendredi 24 mars 2017 par Laurence

Cessez-le-feu trouve son origine dans l’histoire familiale d’Emmanuel Courcol. Les récits de sa grand-mère, les photos du grand-père Léonce en uniforme, les cartes postales du Front, les jeux avec le casque… Ce grand-père avait 20 ans en 1914 et il a combattu jusque dans les Balkans en 1919. Ce grand-père, il ne l’a pas connu. Contrairement aux héros du film, il a repris sa place dans la société mais, pour lui comme pour les autres, quelles ont été les séquelles psychologiques ?
Emmanuel Courcol a souhaité ancrer son film dans l’après-guerre et les Années Folles, période peu traitée au cinéma : celle des affaires, des trafics, des fortunes bâties sur la reconstruction et la réhabilitation des champs de bataille et celle de l’étonnement et la culpabilité d’avoir survécu. D’un côté l’étalage obscène de l’argent des profiteurs, le luxe insolent des planqués et de l’autre les anciens combattants à la dérive tels Georges, homme blessé, austère et solitaire et son frère Marcel invalide, muré dans son silence.
Le réalisateur a très bien su rendre le contexte historique sans s’appesantir. Il le montre à travers l’histoire intime des personnages. Une partie du film se déroule en Afrique coloniale où Georges a fui pour tenter une nouvelle vie et mettre à distance ses cauchemars. Pour la photographie, Emmanuel Courcol a travaillé avec Tom Stern, le chef opérateur de Clint Eastwood qui est devenu franco-américain suite à son mariage. Les deux hommes voulaient une grande gamme chromatique pour rendre compte des univers très contrastés qui cohabitent dans le film.
Cessez-le-feu est un film très ambitieux mais Emmanuel Courcol n’est pas un débutant. Certes, c’est son premier long-métrage en tant que réalisateur mais il a une longue carrière de scénariste notamment pour les films de Philippe Lioret : Mademoiselle (2001), Welcome (2009), Toutes nos envies (2011). Cette carrière de scénariste a apporté une qualité essentielle à ce film : il y a une histoire et elle est particulièrement bien construite.
Le casting réunit Grégory Gadebois (Marcel) et Julie-Marie Parmentier qui ont tourné dans le court-métrage Géraldine je t’aime (2002) réalisé par Emmanuel Courcol, Céline Sallette dans le rôle d’Hélène, professeur de langue des signes et Romain Duris qui incarne Georges, le frère de retour d’Afrique, personnage élégant, sûr de lui, volontaire et en même temps perdu, désabusé, décalé à l’image des personnages d’Aurélien d’Aragon ou de Gilles de Drieu la Rochelle dont s’est inspiré le réalisateur. Depuis De battre mon cœur s’est arrêté, Romain Duris n’a jamais été aussi bien dirigé.
Ce très beau film est dédié « à Léonce et tous ceux qui firent l’impossible ».



Bande annonce (Cessez le feu)

jeudi 9 mars 2017 par Cramés