LES CRAMÉS DE LA BOBINE
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Lola

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Lola (Lola)

jeudi 19 janvier 2017 par Cramés
Cycle Jacques Demy
Lola - Une chambre en ville - Peau d’âne
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Du 19 au 24 janvier 2017
Soirée-débat dimanche 22 janvier à 20h30


Présenté par Marie-Noëlle Vilain
Film français (1961, 1h30) de Jacques Demy avec Anouk Aimée, Marc Michel, Jacques Harden, Alan Scott et Corinne Marchand
Scénario et dialogues de Jacques Demy, musique de Michel Legrand, photo de Raoul Coutard et paroles de la chanson "C’est moi Lola" d’Agnès Varda

Synopsis : Lola, danseuse de cabaret, élève un garçon dont le père, Michel, est parti depuis sept ans. Elle l’attend, elle chante, danse, et aime éventuellement les marins qui passent. Roland Cassard, un ami d’enfance retrouvé par hasard, devient très amoureux d’elle. Mais elle attend Michel…
Distributeur : Sophie Dulac

Article de Marie-No *** Dossier de presse *** Bande-annonce
BO France : ....



Présentation (Lola)

jeudi 26 janvier 2017 par Marie-No

cques Demy (1931-1990)

nait le 5 Juin 1931 à Pontchateau en Loire Atlantique, grandit à Nantes avec son frère Yvon et sa sœur Hélène.
Son père Raymond est garagiste, sa mère Marie-Louise, coiffeuse
Jacques dit avoir eu une enfance très heureuse

Vocation très jeune pour le spectacle et l’image
Ses parents l’emmène aux spectacles de marionnettes, au théâtre
Dès 4 ans il crée son propre théâtre de marionnettes, un peu plus tard il réalise des films d’animation par la technique de la peinture sur pellicule.

Au début de la guerre il a 8 ans. Dès 11-12 ans il va beaucoup au cinéma
Pendant l’occupation les sujets des films sont loin de la réalité, laissant la place aux rêves, à la féérie.Il a été marqué pour toujours par ces films vus pendant cette période de guerre : "Blanche Neige 1937" (qui chante toute la journée), "Les Visiteurs du soir 1942" (Carné) "L’ Éternel retour 1943" (Jean Delannoy scénario Jean Cocteau avec Jean Marais)

Toute la famille chante : sa mère dans sa cuisine, son père . Son parrain chante très bien l’opéra, Luce la voisine chante (le temps des cerises, Trenet etc …)

16 sept 1943 il a 12 ans et sera très marqué par le bombardement de Nantes
(Les objectifs des escadrilles des alliés étaient la destruction du port de Nantes, plus exactement les navires d’assistance aux sous-marins et aux raiders allemands la base d’aviation militaire allemande à partir de laquelle la Luftwaffe faisait décoller des avions allant bombarder l’Angleterre . Mais au lieu de voler dans le sens de la Loire pour prendre les quais en enfilade, les bombardiers qui arrivaient du Nord traversèrent la ville perpendiculairement à très haute altitude, éparpillant leurs bombes sur la ville de telle sorte que la plupart n’atteignirent pas leurs cibles et s’écrasèrent dans le centre-ville)

Il achète sa première caméra en 44 à 13 ans, passage Pommeraye objet curieux qu’il obtient en la troquant contre son mécano et son phonographe.

Il fait ses études secondaires au lycée technique car il était destiné par son père à reprendre le garage. Il est bon élève mais ne s’intéresse vraiment qu’aux Lettres et au dessin.
Il fréquente dès la fin de la guerre le ciné club de Nantes voit "Les dames du bois de Boulogne" (Robert Bresson).
En plus du lycée il suit des cours à l’école des Beaux Arts de Nantes et prend des cours de violon pendant 4 ans.
De 46 à 48 réalise des films d’animation de quelques minutes (La Ballerine, Attaque nocturne)

C’est à cette période qu’il rencontre Christian-Jacque de passage à Nantes, il va convaincre le père de le laisser partir pour Paris suivre les cours de l’ETPC (école technique photographie et cinématographie).

 son retour du service militaire il va travailler pour des films publicitaires avec Paul Grimault (les pâtes Lustucru), pour des films documentaires avec Georges Rouquier (un sur Lourdes ), pour des films d’actualités avec Jean Masson (Le mariage de Grace Kelly).
A la fin de l’année 56 (25 ans) il devient l’assistant de Georges Rouquier pour son film "SOS Noronha" (scénario de Boileau-Narcejac) sur lequel il rencontre Jean Marais et Jean Cocteau qui lui donne les droits cinématograhiques de sa pièce « Le bel indifférent »
Il en fera un court métrage (57) très personnel. Réalisé en couleur, il met en place son propre décor esthétique.
Ce court-métrage met aussi en place une troupe : Bernard Evein(décors) Jacqueline Moreau (costumes), Bernard Toublanc-Michel (assistant) tous Nantais installés à Paris.

Il rencontre Agnès Varda venue présenter « du côté de la côte » à un festival court métrage à Tours avec laquelle il se marie en 1962.

Il va ensuite tourner plusieurs courts métrages (le sabotier du Val de Loire) tout en écrivant le scénario d’un long métrage « Un billet pour Johannesburg » qui deviendra LOLA .

Filmographie

C’est à cette période qu’il intègre la bande des Cahiers du cinéma.
Jacques Demy apparaîtra dans le film de Jacques Rivette "Paris nous appartient" et dans "Les Quatre cents coups" de François Truffaut.
Jean-Luc Godard lui présente son producteur Georges de Beauregard qu’il réussit à intéresser en 59 à son projet Lola. Suivront "La Baie des anges" (63), "Les parapluies de Cherbourg" (64), "Les Demoiselles de Rochefort" (67) "Model shop" (68) "Peau d’âne" (70) "Le Joueur de flûte" (72) "L’Événement" (73)
De 73 à 78, pendant 5 ans, il ne tourne pas.
Il explique que au début des années 70 on lui avait proposé des films qu’il avait refusés. Des films sur un schéma 2 vedettes et 1 sujet commercial. Les producteurs (et certaines vedettes) lui en ont voulu de ces refus.
Il n’a pas créé de maison de production car il se qualifie de rêveur complètement brouillé avec les chiffres et tout ce qui est administratif (contrats etc …)
Peu après "Lola", il avait été contacté par Beauregard associé avec Carlo Ponti pour Carmen. Le projet était bouclé Jacques Demy était enchanté de faire ce film (qui aurait été magnifique) avec Sophia Loren dans le rôle titre et Delon (sur proposition de Jacques Demy) dans le rôle de Don José !
Mais alors que le film était entièrement écrit (il devait se passer à Calvi), Carlo Ponti lui annonce que pour les dialogues il veut quelqu’un d’important, un nom (Sagan, Bazin ont été cités)
Jacques Demy en a été très blessé et a renoncé au film.

Viendront ensuite "Une chambre en ville" (82) puis son dernier film "3 places pour le 26" (88)

Au total il aura tourné 7 courts métrages et 14 longs métrages dont 2 entièrement chantés :" Les Parapluies" et "Une chambre en ville" le seul dont la musique n’est pas de Michel Legrand mais de Michel Colombier.

LOLA

Le négatif original du film a brûlé. En 2012, Agnès et Rosalie Varda par l’intermédiaire de leur société de production Ciné-Tamaris sortent une copie neuve et numérisée à partir d’un internégatif retrouvé au British Film Institute en 1999.
Dans le cinéma argentique, un internégatif est un élément intermédiaire, fabriqué en laboratoire, destiné à obtenir de nouveaux tirages positifs en 35mm d’un film.
"Lola" est dédié au cinéaste allemand Max Ophüls ("Lettre d’une inconnue", "Le Plaisir", "Madame de …", "Lola Montès") qui fait partie de ses cinéastes préférés de même que Stanley Donen et Gene Kelly (Chantons sous la pluie) et Robert Bresson (Les Dames du bois de Boulogne)
"Lola" est le premier film d’une trilogie poursuivie en 64 avec Les Parapluies (Roland Cassard) et conclue en 69 avec "Model shop" (Lola à LA)
Pour ce premier long métrage il n’aura pas le budget qu’il souhaitait et devra renoncer à l’idée de comédie musicale, à Jean-Louis Trintignant pour le rôle de Roland Cassard et devra tourner en noir et blanc.
LOLA sera sa première collaboration pour la musique avec Michel Legrand dont la chanson Lola paroles d’Agnès Varda chantée par Jacqueline Danno (actrice théâtre et cinéma et chanteuse) en postsynchronisation
LOLA se passe entièrement à Nantes.
Dans la vie et l’œuvre de JAcques Demy, Nantes a toujours fonctionné comme une réplique miniature du monde, autour d’un centre : "le passage Pommeraye".
On trouve déjà les thèmes chers à Jacques Demy : la pureté du premier amour, l’utopie de l’enfance, le goût du risque et de la séduction, l’illusion de la liberté.
LOLA marque la rencontre de Jacques Demy avec Anouk Aimée, 32 ans à la sortie du film et qui a alors déjà tourné dans une vingtaine de films de, entre autres, Carné, Cayatte, Astruc, Duvivier, Becker, Litvak, Franju, Mocky, Fellini.
Lola est son premier grand rôle principal
Les autres acteurs principaux sont
Marc Michel (32 ans) qui joue Roland Cassard (qu’on retrouve dans le même personnage dans les Parapluies)
Alan Scott (39 ans) qui joue Frankie
Elina Labourdette (42 ans) : Mme Desnoyers
l’Agnès des Dames du bois de Boulogne de Bresson
Annie Dupeyroux : Cécile
Jacques Harden (36 ans) : Michel
Corinne Marchand (24 ans) : Daisy qui sera Cléo dans « Cléo de 5 à 7 » d’Agnès Varda sorti en 62 et tournera dans « Les sept péchés capitaux » de JD sorti en 62

Dans le film, Roland évoque un certain Michel Poiccard, un ami qui a mal tourné et qui s’est fait tuer = personnage incarné par Jean-Paul Belmondo, dans À bout de souffle de Jean-Luc Godard, film sorti au moment du tournage de Lola en 1960
Avec ce premier film c’est l’apparition du monde si particulier de Jacques Demy, du ballet d’êtres, de destins qui va parcourir son cinéma tout au long de ses films
Lola sera comme déclinée de fIlm en film
Reflet du personnage féminin dans les autres personnages
Cécile jeune fille, Mme Desnoyers, comme ce qu’elle a pu être (scène manège Cécile/Frankie) ce qu’elle pourrait être
Cinéma de Demy = liberté et précision
Avec sa voix si particulière, Lola transporte le film vers une nonchalance pleine de charme, un mystère mélancolique, une réflexion sur le temps, sur l’absence, sur le premier amour pour toujours.
Roland Cassard dans les parapluies(64) évoque son amour déçu en chanson (« Autrefois, j’ai aimé une femme, on l’appelait Lola... »). Dans Les Demoiselles de Rochefort (67), le personnage de Mme Desnoyers est évoqué . Lola est retrouvée dans un coffre de voiture coupée en morceaux dans les demoiselles (67) Enfin on retrouve Lola dans Model Shop (68). On retrouve aussi la ville de Nantes dans Une chambre en ville (1982)
Dans ce premier long métrage, Jacques Demy montre déjà des mères qui élèvent seules leur enfant
Lola, son petit garçon, Mme Desnoyers, sa fille.
On retrouvera ensuite souvent des femmes face à une maternité qu’elles vivent sans le père : Les Parapluies de Cherbourg, Geneviève (Catherine Deneuve) enceinte de Guy (qui deviendra garagiste) mère de Françoise, épousera Roland Cassard (toujours joué par Marc Michel). Guy épousera Madeleine et il auront un fils François.
Les demoiselles de Rochefort , Yvonne Garnier tient un café sur la place (Danielle Darrieux seule non doublée pour le chant) mère de jumelles et d’un garçon (boubou)
Une chambre en ville, Violette porte l’enfant de François qui l’a abandonnée.

Jacques Demy n’obtiendra qu’1 seul prix à Cannes : la palme d’or pour les parapluies en 64

Il restera toujours fidèle à ses collaborateurs techniques
Raoul Coutard (directeur de la photographie Godard, Truffaut), Bernard Evein (décors et costumes), Jacqueline Moreau (née à Ancenis Loire Atlantique, costumes cesar du meilleur costume en 88 pour la passion Beatrice de Tavernier), Anne-Marie Cotret (monteuse), Bernard Toutblanc-Michel (assistant de Hunebelle, Varda, Godart et réalisateur (« Cinq gars pour Singapour, « Adolphe ou l’age tendre » 1968 découverte de Jean-Claude Dauphin, « Le petit bougnat » 1970 découverte d’Isabelle Adjani, « Le malin plaisir » avec Annie Duperey, Claude Jade et Jacques Weber et pour la télé « Le mutant » 1978 découverte de Fanny Ardant)

La bande originale contient en outre des extraits de la chanson Moi j’étais pour elle (Pierre Delanoë,interprété par Marguerite Monnot), de la symphonie nº 7 de Beethoven, Clavier bien tempéré de
Bach, concerto pour flûte en ré majeur de Mozart, l’Invitation à la valse de Weber, et les premières mesures du thème La Maison Tellier (extrait du Plaisir de Max Ophüls, à qui est dédié le film)

Le tournage s’est déroulé à La Baule-Escoublac et à Nantes, du 7 juin au 17 juillet 1960. On peut y voir la rue du Calvaire, le quai de la Fosse, la place et le théâtre Graslin, la brasserie La Cigale, la place de la Petite-Hollande, le passage Pommeraye et l’escalier (aujourd’hui disparu) de la rue de l’Abreuvoir.
Lola est le film préféré de Christophe Honoré (dans Paris, les chansons
d’amour, La belle personne, non ma fille tu n’iras pas danser)



Bande annonce (Lola)

mardi 10 janvier 2017 par Cramés


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