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Une histoire de fou

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Fiche
( Une histoire de fou)

jeudi 10 décembre 2015 par Cramés
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Présenté en séance spéciale au Festival de Cannes en 2015
Semaine du 17 au 22 décembre 2015
Soirée-débat mardi 22 à 20h30


Présenté par Danièle Sainturel
Film français (novembre 2015, 2h14) de Robert Guédiguian avec Simon Abkarian, Ariane Ascaride, Grégoire Leprince-Ringuet et Robinson Stévenin

Synopsis : Robert Guédiguian réalise avec Une histoire de fou une fresque cinématographique épique ayant pour toile de fond le génocide arménien.
Il raconte sur plusieurs années le destin de personnages charismatiques qui ont choisi l’action comme moyen de revendication. Le réalisateur navigue habilement entre reconstitution et fiction, pour donner profondeur à ce film captivant où souvenir, vengeance, justice et pardon se mêlent dans une folle épopée.
Son film est inspiré du récit autobiographique La Bomba de José Antonio Gurriaran.

Dossier de presse *** Article de Danièle *** Bande annonce *** Horaires


Une source de création ( Une histoire de fou)

mardi 22 décembre 2015 par Danièle

Une histoire de Fou de Robert Guédiguian sorti en salles le 11 novembre, a été présenté en Sélection Officielle au Festival de Cannes 2015.

Le réalisateur

Robert Guédiguian est certainement le réalisateur dont les Cramés ont passé le plus de films notamment parce que nous lui avons consacré une rétrospective en 2013.
Je vais tout de même vous dire quelques mots sur ce cinéaste.

Robert Guédiguian est né le 3 décembre 1953 à Marseille. Ses parents tous les deux immigrés, elle d’Allemagne et lui d’Arménie étaient ouvriers. Ils habitaient le quartier de l’Estaque.
Le jeune Robert, grand admirateur de son instituteur, Albin Meylan, père de Gérard Meylan, devient très tôt un militant de la cause ouvrière.
Il découvre le cinéma plus tard, quand il est lycéen. Il a été très marqué par le film de Jean Renoir Toni qui reste pour le cinéaste encore aujourd’hui une référence capitale pour lui avoir révélé la possibilité de raconter une histoire de prolétaires au cinéma et qui plus est, à Marseille.
En 1974, à l’université, il rencontre la femme de sa vie, Ariane Ascaride. Il quitte Marseille pour Paris où elle a été admise au Conservatoire national supérieur d’art dramatique. Il rencontre de nouveaux amis, Jean-Pierre Darroussin, Patrick Bonnel, … René Ferret qui lui propose d’écrire un scénario avec lui et, ainsi, Robert fait ses débuts au cinéma.
De 1980 à 2015, il a réalisé 19 films. Une des originalités du cinéma de Robert Guédiguian est qu’il a rassemblé autour de lui une "tribu", faite de ses actrices, ses acteurs, ses techniciens, tous les fidèles avec qui il travaille pour certains depuis son premier film : Ariane Ascaride, Gérard Meylan, Jean-Pierre Darroussin, le scénariste Jean-Louis Milesi, le directeur de production Malek Hamzaoui, le chef-monteur Bernard Sasia. (qui était venu présenter la rétrospective 2013 avec Christophe Kantcheff). Pour Une Histoire de fou , il a repris de nombreux acteurs de L’Armée du Crime montrant ainsi la porosité de toutes ces histoires, les liens de tous ces migrants dans l’Europe du 20ème siècle.

Guédiguian et l’Arménie

Robert Guédiguian est un homme complexe. D’origine arménienne par son père et d’origine allemande par sa mère, il est issu à la fois d’un peuple génocidé et d’un peuple génocidaire. Pendant longtemps, il a peu revendiqué ses origines, préférant raconter la ville de son enfance Marseille où il a situé 15 de ses 19 longs-métrages.
Alors, qu’est-ce que l’Arménie de Robert Guédiguian ? C’est le deuxième film qu’il signe en s’appuyant sur cette identité, après Voyage en Arménie en 2006. C’est donc pour lui maintenant une source de création.
Au vu de son parcours de jeune militant du Parti Communiste, au vu de son œuvre d’un très grand humanisme, on peut s’attendre à ce que Guédiguian nous propose, avec Une Histoire de fou une vision ouverte de la question arménienne.
Tout son cinéma est traversé par cet humanisme (pensez par exemple aux Neiges du Kilimandjaro » adapté de l’œuvre de Victor Hugo « Les Pauvres Gens »). Il s’attache à la description des gens du peuple, revenant toujours au quartier de son enfance L’Estaque.
C’est en partant une nouvelle fois de Marseille qu’il va nous ramener au problème qu’il a longtemps tenu à distance, le génocide arménien.

Les acteurs

Ariane Ascaride

Elle a tourné plus de 40 longs-métrages et elle a un rôle, le plus souvent le premier rôle dans tous les films de Robert Guédiguian . Je ne vais pas vous les citer. Elle joue aussi à la télévision et au théâtre, notamment en 2010, elle lit des extraits de « Auschwitz et après » de Charlotte Delbo mis en scène par R. Guédiguian au Théâtre du Rond-Point. Elle tient le rôle de la mère.

Simon Abkarian

C’est un acteur français né à Gonessse en 1962. Il a passé son enfance au Liban mais a appris le théâtre à Los Angeles, une compagnie théâtrale arménienne. Il revient à Paris en 1985 (à 23 ans) et intègre rapidement le Théâtre du Soleil d’Ariane Mnouchkine.
Sa consécration au théâtre vient en 2001 avec « Une Bête sur la Lune » de Richard Kalinoski où il joue le rôle d’un rescapé du génocide arménien. Il lui vaut le Molière du meilleur comédien.
Il doit ses débuts au cinéma à Cédric Klapisch avec qui il fait 5 longs-métrages : « Ce qui me meut (1989), « Poisson rouge » (1994), « Chacun cherche son chat » (1996), « Ni pour, ni contre » (bien au contraire) (2003).
Il joue souvent les méchants : « J’irais au paradis car l’enfer est ici » (1997) « Le Démon de midi » de Marie-Pascale Hostellerie (2004), « Dans tes rêves » (2005) ou dans le James Bond de Martin Campbell « Casino Royale » (2006).
Il a aussi beaucoup joué L’Arménien, notamment dans « Ararat » d’Atom Egoyan (2002), dans « Aram » de Robert Kéchichian, dans Voyage en Arménie de Robert Guédiguian et aussi dans L’Armée du Crime du même Guédiguian où il tient le rôle de Missak Manouchian, chef des partisans FTP-MOI. Ce sera donc le 3ème grand rôle de Simon Abkarian chez R. Guédiguian.
Mais au total il a joué dans plus de 50 longs-métrage, une quinzaine de films ou séries TV et une dizaine de pièces de théâtre. Il a aussi des activités de metteurs en scène de théâtre
Il joue le rôle du père.

Grégoire Leprince-Ringuet

Grégoire Leprince -Ringuet a 28 ans. De 11 à 14 ans, il est membre du chœur d’enfants de l’Opéra de Paris et à partir de 14 ans il suit la formation des Enfants de la comédie à Sèvres.
En 2003, André Téchiné lui offre un rôle dans « Les Egarés ». Il a 15 ans et il ne cesse de tourner depuis., avec Christophe Honoré « Les Chansons d’Amour » en 2007, « La Belle Personne » en 2008, avec Bertrand Tavernier « La Princese de Montpensier » en 2010, et Robert Guédiguian L’Armée du Crime en 2009, Les Neiges du Kilimandjaro en 2011 et Une histoire de fou en 2015.
En 2015, il passe à la réalisation avec « La Forêt de Quinconces » qui n’est pas encore sorti.
Il joue le rôle de Gilles.

Syrus Shadidi

C’est un jeune acteur d’origine franco-iranienne. Il a fait une école de théâtre à Paris. Il a eu, au cinéma 2 petits rôles dans « Une Rencontre » de Lisa Azuelos et dans « L’affaire SK1 » de Frédéric Tellier où il joue le tueur en série Guy Georges. En 2015 il a un rôle plus important dans « 24h, la vérité sur l’affaire Ilan Halimi » d’Alexande Arcady où il interprète Ilan Halimi, la victime.
Dans Une Histoire de Fou il joue le fils.

Robinson Stevenin

Il est né en 1981 et a obtenu son premier rôle à l’âge de 8 ans. Il vient, en effet d’une famille de gens de cinéma puisqu’il est le 2ème fils de Jean-François Stevenin, le frère Sagamore et de Salomé Stevenin
Il a donc une très longue carrière, au cinéma et à la télévision et lui aussi jouait déjà dans « L’Armée du Crime de Robert Guédiguian .

Razane Jammal

C’est une jeune actrice libanaise qui a fait ses études à Londres. Elle a débuté avec « Carlos » d’Olivier Assayas en 2009, a tourné aux Etats-Unis avec Kanye West en 2012, et dans une série égyptienne en 2014. Sa carrière est donc internationale. Elle n’a que 26 ans.

Lola Naymark

Elle a 28 ans, son nom est encore peu connu mais elle a tenu de nombreux seconds rôles, notamment chez Guédiguian. Ainsi, elle est celle qui trahit dans L’Armée du crime. Ici, elle joue Valérie, la fiancée de Grégoire Leprince-Ringuet. On la retrouve dans 25 longs-métrages, elle a commencé à l’âge de 10 ans et a reçu de nombreux prix dans la catégorie Espoirs.

La musique

La musique est signée Alexandre Desplat, compositeur français né en 1961. Il a une carrière internationale exceptionnelle. Il a été nominé 8 fois aux Oscars et a reçu finalement cet Oscar pour la musique de « The Grand Budapest Hotel » de Wes Anderson en 2015. Il a également été nominé 8 fois aux Césars et a été récompensé 3 fois.
Il a beaucoup travaillé avec Jacques Audiard « Regarde les hommes tomber » (1994), « Un héros très discret » (1996), « Sur mes lèvres » (2001 », « De battre mon cœur s’est arrêté », « Un Prophète » (2009) « De Rouille et d’os » (2012) (pas Dheepan).
On le retrouve dans de nombreux films de Roman Polanski (dont The Ghost Writer), dans tous les films de Wes Anderson, dans tous les films de Xavier Giannoli, dans plusieurs films de Stephen Frears, dans « The Tree of Life » de Terrence Malick.
Il était le musicien de L’Armée du Crime de Guédiguian et c’est avec un film de Robert Guédiguian Ki lo sa ? que le jeune Alexandre Desplat a commencé sa carrière de compositeur de films en 1985 (il avait 24 ans).

Le chef-monteur

Bernard Sasia est né en 1956 à Marseille. Formé à l’IDHEC. il effectue un stage de mise en scène sur le tournage de Dernier été (1980), le premier long-métrage de Robert Guédiguian. Il a ensuite monté tous les films de Robert Guédiguian . Il était venu à Montargis animer la Rétrospective et à cette occasion nous a présenté son long-métrage Robert sans Robert.

Le film

Je ne raconte rien de ce film, mais je vais vous donner quelques points de repères historiques :

A la fin du XIXème siècle, l’Arménie est partagée entre la Russie et la Turquie, cette dernière contrôlant l’Arménie occidentale soit 7 provinces de l’actuelle Anatolie orientale.

Dès 1894-1896 apparaissent les prémices d’un génocide. En effet, le « Sultan rouge » ordonne le massacre des habitants de Sassoun, prenant prétexte du refus de ceux-ci de payer la double imposition qu’il leur demande. C’est le début de 2 ans de massacre en Arménie occidentale qui feront entre 200 000 et 300 000 morts et 100 000 réfugiés, plongeant dans la famine 500 000 personnes

En 1909 commencent les premières exactions des « Jeunes Turcs ». Ces « Jeunes Turcs » appartiennent au mouvement nationaliste musulman « Union et Progrès », convaincu de la supériorité de la « race » turque. Ils entendent régénérer la Turquie en la purgeant des infidèles, notamment chrétiens. En avril 1909 ils organisent le massacre des Arméniens de Cilicie (sud de la Turquie, près de la méditerranée. En 15 jours ils tuent près de 30 000 personnes.

En janvier 1915, peu après le début de la première guerre mondiale, sous le prétexte que les Arméniens pourraient collaborer avec les Russes, le comité « Union et Progrès » décide de désarmer 250 000 Arméniens de l’armée ottomane et de les affecter à des « bataillons de travail ». Ils seront assassinés par petits groupes dans les mois suivants.

Le 24 avril 1915, à Constantinople, sur décision de Talaat Pacha, ministre de l’Intérieur, 2400 notables et intellectuels arméniens sont arrêtés et seront pour la plupart assassinés

Entre le printemps et l’automne 1915, des exécutions et déportations sont organisées à travers toute la Turquie. 800 000 personnes environ trouvent la mort au cours de ces événements.
Par télégramme en date du 15 septembre 1915, Talaat Pacha informe la direction des « Jeunes Turcs » à Alep que « le gouvernement a décidé de détruire tous les Arméniens résidant en Turquie ».
Ainsi, 900 000 autres personnes vont être déportées, assassinées, ou condamnée à mourrir de faim, de maladie, d’épuisement dans des camps de concentration.

Ce génocide a fait plus d’un million de morts sur deux millions d’Arméniens en Turquie.
Retenez bien le nom de Talaat Pacha. Il a un rôle dans ce film.
Mais Guédiguian ne donnera aucune image de ce génocide.
Il va, à sa façon, vous parler de l’Arménie.



Bande annonce ( Une histoire de fou)

lundi 16 novembre 2015 par Cramés


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