LES CRAMÉS DE LA BOBINE
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’71

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Fiche
(’71)

mercredi 19 novembre 2014 par Cramés

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Semaine du 11 au 16 décembre
Soirée-débat mardi 16 décembre
Prix du jury au Festival international du Film Policier de Beaune 2014

Présenté par Jean-Pierre Robert

Premier film


Film Britannique (vo, novembre 2014, 1h49) de Yann Demange avec Jack O’Connell, Paul Anderson et Richard Dormer

Synopsis : Belfast, 1971.
Tandis que le conflit dégénère en guerre civile, Gary, jeune recrue anglaise, est envoyé sur le front.
La ville est dans une situation confuse, divisée entre protestants et catholiques.
Lors d’une patrouille dans un quartier en résistance, son unité est prise en embuscade. Gary se retrouve seul, pris au piège en territoire ennemi.
Il va devoir se battre jusqu’au bout pour essayer de revenir sain et sauf à sa base.

*** article de Jean-Pierre *** Bande annonce *** Horaires


"Quelque chose de plus universel m’évoquait aussi d’autres guerres" (’71)

vendredi 12 décembre 2014 par Jean-Pierre

Le réalisateur Yann Demange est né en 1977 (37 ans) de père algérien et de mère française à Paris, sa famille s’installe à Londres après sa naissance.
Ensuite, seul avec sa mère il vit modestement. Il se nourrit de cassettes vidéos de westerns, d’Eastwood, Peckinpah, Carpenter. La musique tient aussi beaucoup de place : hip hop, jazz, house, hard rock…
Quitte l’école à 17 ans, devient assistant et assistant monteur sur clips et courts métrages.
Ensuite il intègre la National Film and Television School, en sort en 2006 et réalise des séries TV (Dead set). Quand l’ex responsable de la filiale cinéma de Channel4 lui propose de réaliser son premier long métrage il décide de prendre son temps car si un premier film n’est pas un succès on n’a guère la possibilité d’en réaliser un second.
Il est séduit par le scénario de 71, de Gregory Burke, qui lui est proposé. G. Burke est un dramaturge écossais auteur de la pièce « Black watch » mettant en scène des soldats anglais en Irak, est également acteur dans des séries.
Demange n’a pas particulièrement envie de faire un film engagé sur l’Irlande après K. Loach (le jour se lève), Steeve Mac Queen (Hunger) Paul Greengrass (Bloody Sunday) mais il est séduit car « la spécificité des combats est transcendée, quelque chose de plus universel m’évoquait aussi d’autres guerres …/… la présence des enfants qui grandissent dans ces zones de conflit me touchait particulièrement ».

L’histoire

1971, la ville de Belfast en Irlande du Nord est déchirée par la guerre civile entre protestants et catholiques. Lors d’une patrouille de l’armée anglaise, Gary (jeune recrue interprétée par Jack O’Connell) se retrouve seul, perdu en territoire hostile et cherche à s’en sortir. Sur un rythme haletant, caméra à l’épaule, Y. Demange ne quitte pas son héros dans sa course folle à travers le dédale des rue de Belfast.

Les acteurs : remarquables acteurs britanniques.

Jack O’Connell : né en 1989 (25 ans) père irlandais, mère anglaise. A Joué au football avant de devenir acteur. Débute en 2005 dans la série Skins. En 2006 a son premier grand rôle dans « This is England » film sur le mouvement skin head .Est remarqué en 2013 dans « Les poings contre les murs ». Jouera en 2015 dans « Invincible » prochain film d’Angelina Jolie.
Au total 18 films et séries.
Sean Harris : 48 ans 25 films et 7 séries. Prometheus de R. Scott

Richard Dorner : 45 ans 11 films et séries . Game of throne.
Paul Anderson : acteur de séries TV.

Quelques informations historiques

L’Irlande obtient son indépendance à la suite de la guerre 1919-21, le traité signé alors maintient l’Irlande du Nord (Ulster) dans le Royaume Uni. La guerre civile qui suit (1922-23) voit l’échec de l’IRA qui s’opposait au traité.
La nouvelle entité politique bénéficie de l’autonomie interne, avec un Parlement et un Premier ministre à la tête d’un gouvernement aux pouvoirs locaux étendus.
Pendant près de cinquante ans, l’Irlande du Nord connaît une domination protestante sans partage : des artifices électoraux réduisent la représentation de la minorité catholique (un tiers de la population), contre laquelle le parti unioniste d’Ulster (UUP), à la tête du pays de 1921 à 1972, pratique une politique de discrimination (politique, mais aussi économique et sociale), voire exerce une véritable dictature policière.

Le 5 octobre 1968, un groupe de manifestants catholiques non-violents, la Northern Ireland Civil Right Association, est molesté par la police. Ces militants pour l’égalité des droits entre catholiques et protestants sont aussi la cible d’attentats perpétrés par l’Ulster Volunteer, un groupe de protestants extrémistes. C’est le début d’une guerre civile en Irlande du Nord.

Terence O’Neill, le premier ministre d’Irlande du Nord, tente d’apaiser la situation en lançant de vastes réformes politiques. Mais les controverses entourant ces réformes lui enlèvent le soutien de son parti, l’Ulster Unionist Party (UUP), et provoquent une nouvelle flambée de violence. En avril 1969, des actes de sabotage en Irlande du Nord forcent le gouvernement à réclamer l’aide des Britanniques. Le déploiement de soldats anglais est d’abord accueilli favorablement par les catholiques, qui y voient une protection contre les incursions des protestants radicaux. O’Neill quitte ses fonctions le 28 avril et est remplacé par James Chichester-Clark. Ce dernier déclare l’amnistie pour toutes les personnes impliquées dans les récents troubles. Cela n’empêche pas une nouvelle vague de violence en août 1969. La situation explose à Londonderry, un ghetto catholique, et à Belfast. À l’été 1970, l’Armée républicaine irlandaise (IRA) renaît de ses cendres. Malgré ses deux factions antagonistes, dont une s’oppose à la violence, elle est encore plus forte qu’auparavant. C’est l’IRA provisoire « provos », nationaliste et militaire, qui reprend le combat pour l’annexion de l’Ulster à la République d’Irlande. Le 19 août, Chichester-Clark place toutes les troupes nord-irlandaises sous commandement britannique. Cependant, la forte influence des « provos » fait en sorte que les troupes sont bientôt perçues négativement. La polarisation s’accentuera encore plus en 1971 alors que l’UUP sera scindé en deux. Une faction radicale, menée par le révérend Ian Paisley formera le Democratic Unionist Party (UDP), une branche protestante ultra-loyaliste.

Le 30 janvier 1972, l’armée britannique tire sur une foule pacifique de manifestants catholiques à Derry/Londonderry, faisant 13 victimes : c’est le Bloody Sunday (« dimanche sanglant »). Londres suspend le gouvernement nord-irlandais et prend directement en charge l’administration de la province, le 24 mars 1972 : c’est le Direct Rule, les pouvoirs du Stormont sont transférés à Westminster.



Bande_annonce (’71)

mercredi 19 novembre 2014 par Cramés