Avec le film Hôtel Woodstock du réalisateur Ang Lee, les Cramés de la Bobine invitent le public de l’AlTiCiné à une grande bouffée d’air frais, de jeunesse et d’idéalisme. Cette comédie dramatique a été présentée en sélection officielle lors du dernier Festival de Cannes.
Tout a été dit ou presque sur le festival hippie de Woodstock qui, du 15 au 18 août 1968, a accueilli dans la petite ville de Bethel (et non pas à Woodstock, lieu de l’enregistrement du concert) près de 500 000 spectateurs. S’y sont produits des artistes aussi emblématiques que Joan Baez, Joe Cocker, Jimi Hendrix, Janis Joplin ou Santana. S’appuyant sur l’adaptation de l’autobiographie d’Elliot Tiber, la grande originalité d’Ang Lee est d’avoir choisi de traiter cette manifestation emblématique sous l’angle inédit d’un des organisateurs qui va voir sa vie transformée.
Jeune et modeste entrepreneur empêtré dans des histoires d’argent peu florissantes, Elliot apprend par hasard qu’un festival folk et hippie a été refusé dans une ville voisine. Flairant la bonne affaire, le jeune homme contacte les producteurs et propose que ce festival ait lieu dans sa ville de Bethel, mais il lui faut d’abord trouver un champ capable d’accueillir 45 000 spectateurs – qui seront en fait dix fois plus nombreux.
Comédie sur l’un des événements majeurs du « Flower Power » qui va influencer toute une génération, Hôtel Woodstock est un voyage vivifiant autant qu’une grande leçon de liberté et de tolérance. Elliot lui-même, jeune Américain prisonnier du carcan familial, trouve dans ce festival de quoi s’émanciper et assumer son homosexualité.
Sans cynisme ni aveuglement, Ang Lee n’omet pas de traiter les multiples aspects de ce festival : le choc de la rencontre entre l’Amérique traditionnelle et la contre-culture hippie, les enjeux économiques de Woodstock et l’intérêt des businessmen les moins avouables, les problèmes prosaïques de sécurité et d’hygiène du festival, l’invitation au plaisir et à l’érotisme ou la consommation de drogues.
Hôtel Woodstock est une salvatrice invitation à la liberté, au plaisir et à la libération des carcans qui peuvent brider nos vies. Rien d’étonnant à ce que ce film généreux soit l’œuvre d’Ang Lee, cinéaste taiwanais auteur du Secret de Brokeback Mountain.

